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La Godille

Publié le par Red Cardell

Si nous avons vingt cinq ans aujourd’hui, notre premier concert ayant eu lieu à sainte Marine le 10 juillet 1992, nous n’avons pas vraiment le temps de regarder dans le rétroviseur ! De nos temps, enfin… de tous temps, nous n’avons jamais eu trop le choix.

A chaque fin de tournée, de finalisation de projets ou de créations doit correspondre encore une écriture de nouveaux projets, de créations à finaliser. C’est une sorte de mouvement perpétuel auquel on s’habitue,  une sorte de navigation à la pêche, avec quelques croches et le chalut à ramander, des casiers dont le bout s’enroule sur les laminaires et dont on ne retrouve pas la bouée, des filets à bloc de goémon (mais là ça peut pêcher parfois), du clapot de nordé quand on ne tient plus debout à bord, de la grosse houle qui va nous bercer, et du calme choc, quand la mer est « un lac » (avec l’accent !).

Un groupe cela ressemble à un équipage, sauf que cela n’est pas nécessaire d’avoir un patron à bord. En ce moment nous venons de commencer l’écriture du nouvel album.

Photo Vonnic Bulteau

Photo Vonnic Bulteau

Après plusieurs disques sur lesquels nous avions travaillé beaucoup individuellement en s’échangeant des fichiers sur nos logiciels respectifs, nous avons senti le besoin de revenir à quelque chose de plus « organique » plus simple et direct. Nous avons repris le chemin des mousses, un instrument et jouer ensemble dans une pièce. Boeuffer (dans le langage) et faire naître des morceaux au gré de nos improvisations.

Nous nous sommes retrouvés à coté de Savenay, avions deux, trois bouts de mélodies, quelques riffs de guitare, lignes de basse ou rythmiques de percussion.

Nous avions envie d’apercevoir depuis la vigie du navire les côtes argentines, africaines ou irlandaises, besoin suite à tous ces concerts de plus en plus Rock depuis un an de nous égarer sur les docks de Liverpool ou du Havre, réécouter Rouge et Douleur, dont nous jouons beaucoup de titres, retrouver un coin de fraicheur.

Photo Vonnic Bulteau

Photo Vonnic Bulteau

Alors on se parle, on s’observe, on cherche, puis on se met d’accord. Pour pêcher le homard c’est pas mal de placer ses casiers sur une plage de sable de quelques mètres carrés aperçue depuis la surface par une eau bien claire. Les grandes marées sont parfaites pour ça ! Après on prend des marques, des amers. Un poteau électrique sur l’entrée du chemin du camping, le clocher de Plougasnou sur le phare des Triagoz. Là cela ressemble bien à la musique, en fin de compte on cherche une manière de faire sonner l’histoire ensemble, tout en se trouvant des repères un peu vagues.

Il y a de belles choses, des reflets glaz émeraude quand les vagues viennent caresser la Roche large. Un rayon de soleil, la lumière qui se trouve une fuite entre deux gros nuages et éclaire le château de l’île Verte vers 5h du soir à la mi-novembre. Et la baie de Lannion en Technicolor…

La Godille

Ne plus jouer qu’un seul accord parfois, hypnotique comme le rythme du moteur qui balance le temps en 2 ou 4 temps et aussi 5 et puis 7. Ou bien lire Mac Orlan, écouter la chanson du branle bas de la galère, la mer en son tourment de Molène à Ouessant quand souffle le vent.

La Godille

Je commence aujourd’hui l’écriture des textes de chansons et vais proposer bientôt plusieurs mélodies de chant aux copains, on se revoit après tous ensemble dans une pièce avec les instruments. Nous appliquons cette méthode, puis allons en studio, et là, nous jouerons en live. Chercher à capter le souffle de la scène, l’énergie et le son du groupe. Après on jouera avec « La bande », on en fera comme une photographie du moment présent en se disant à la dernière seconde du dernier jour de mixage, vivement le prochain, de toute façon pas le choix !

Photo Vonnic Bulteau

Photo Vonnic Bulteau

Ecouter le son de la bouée vache à la sortie de port de Locquémeau depuis la dune des sables blancs une nuit de brume, comme dans une nouvelle d’Anatole Le Braz.

Faire sonner les cloches ?

Faire sonner Red Cardell, c’est peut-être se prendre un peu trop au sérieux, voire prétentieux donc essayons juste de prendre et de partager le plaisir de continuer à rêver.

C’est bien de rêver. Non ?

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PARIS

Publié le par Red Cardell

Comme Red Cardell va cette année passer le cap des 25 ans, des petits retours sur notre histoire en fonction de l’actualité peuvent être l’objet d’articles sur ce blog.

L’actualité, comme une date parisienne par exemple. Nous y jouons mercredi 5 avril au Pan Piper à l’invitation du groupe luxembourgeois Dream Catcher.

Pour moi Paris restera toujours lié à nos premiers concerts au New Moon à Pigalle.

C’était un club très rock, toute la scène du rock alternatif de la fin des années 80 s’y produisait. Il y avait un public nombreux et fidèle. Nous étions en 1992, en septembre. Le groupe avait trois mois. Nous jouions deux soirs de rang, et je garde en souvenir la chaleur moite des amplificateurs et des projecteurs, l’odeur du bois, du tabac froid, les bières qui se bousculent et les gobelets percés.

Les loges étaient situées au bout d’un couloir parallèle à la salle et couverte de graffitis, photographies virtuelles des soirées passées dans ces lieux. Des polaroids ou Paranoid d’une vie de musicien.

Une fresque Arthurienne ! Une autre légende, d’autres chevaliers, Les Wampas, Hot Pans, Bérurier noir, Chihuahua, Parabellum…

J’aimais pas trop le Rock alterno à part Béru, pourtant avec le recul c’était plutôt vachement bien, mais je pense que j’étais un peu timide et que comme tous ces musiciens étaient de ma génération, j’étais impressionné. Tout bêtement !

Nous, nous avions un camion, étions neuf, pas le camion, avec le chien, Gogo. C’était une belle équipe également et possédions les codes pour pouvoir correspondre dans ce langage étrange qui à l’époque remettait en cause, déjà, le système de diffusion de la musique.

Internet n’existant pas, la distribution des Cd dans les magasins étaient la priorité pour tous les groupes. Et nombreux de ceux cités pus haut ont fait bouger les choses et surtout les maisons de disque… La priorité qu’ils accordaient à la scène a permis de bousculer tout un système qui ronronnait, trop occupé à rééditer les anciens catalogues vinyles en Cd, et ainsi de trouver un public qui n’attendait que ça : pogoter et sauter en l’air !

Nous étions déjà à l’époque sur une fin de cycle. Des groupes comme La Mano ou les Négresses vertes avaient rejoint des majors.

Ici en Bretagne cela bougeait à nouveau avec Ar re Yaouank ou l’Héritage des celtes de Dan. Avec Penfleps auparavant, puis Cardell nous étions déjà solidement ancrés dans le paysage musical comme le dirait une chronique polie. Le New Moon ayant fermé, nous avons joué dans plusieurs salles comme le Divan du Monde, la Maroquinerie, le Café de la Danse, le Bataclan, La Cigale, le Batofar, la boule noire ou Bercy ! Si si J mais si je dois retenir une autre salle, ce serait l’Elysée Montmartre. Là bas se tenaient des Festou-noz particuliers, organisés par une asso dont faisaient partie pas mal de copains bretons. C’était vraiment une belle salle, et nous y ressentions le poids d’une histoire de chansons et de crochets du gauche…

Beaucoup de ces salles sont situées à Pigalle, à force nous connaissons plutôt bien le quartier, le Noctambule, la rue Lepic ou celle de Douai. J’aime aller faire un tour dans les magasins d’instruments, et c’est lors d’une de ces promenades que j’ai eu l’idée de A Rochechouart sur le dernier album.

Mes souvenirs parisiens sont liés à Montparnasse, cette gare où l’on trouve le Ouest France et le Télégramme, mais aussi à tous ces artistes qui ont bercé mon enfance, Prévert, Vian, Lemarque, Piaf, Arletty, Mitchell, Carné, Renoir, Godard… Il y avait dans leurs chansons ces mots qui nous remuent juste ce qu’il faut, pour avoir envie de mieux connaître cette ville. Dans les films, les quartiers avaient le charme des petits villages ou les décors de Trauner.

Michel Simon ou Gabin jouaient des personnages que la folie ou l’amour, souvent les deux, obsédaient. Il y avait dans leurs voix et les mots une belle musique universelle.

En tant que Breton, Paris était l’hologramme de l’ogre centralisateur. Un frein à l’émancipation de notre peuple indigène. Mes parents ne m’avaient jamais parlé dans ma langue et pourtant on supportait le Stade Rennais en finale de la coupe contre Lyon, on était fier du succès de Stivell à l’Olympia, et l’on se focalisait sur le rapport à l’identité en pleine querelle entre Xavier Grall et Per Jakez Helias. La télé ne marchait plus car le pylône de Roch’ Trédudon était tombé, on avait une centrale nucléaire juste à coté. Puis ensuite on voulait en construire une autre à Plogoff. Les pétroliers faisaient régulièrement naufrages sur les cailloux. Moi, j’étais au lycée. On faisait des manifs.

Paris j’y allais pour la fête de l’Huma. Genesis, Lavilliers, Téléphone, Areski-Fontaine, Nougaro et surtout l’immense Mama Béa Tekielski ! Voir les amis aussi et surtout. Ils passaient leurs vacances à Locquirec et nous faisaient découvrir Wire ou Marley, Police ou Tachan.

Au bout de deux jours là bas, j’étais rincé, pas l’habitude. Encore aujourd’hui, sans rire, lorsque l’on prépare le voyage pour dans quinze jours, on organise minutieusement le parking pour la salle, le logement etc. C’est grand Paris ! C’est plus compliqué que lorsque l’on va à l’étranger. Oui en fin de compte c’est ça, Paris c’est compliqué. C’est comme aller à la pêche, il faut ressentir la première touche, observer, contempler. Beaucoup. Puis, on peut être concentré, voir et ressentir des choses neuves, comprendre que l’on n’a rien compris. Ca se saurait !

Bon, ce ne sera qu’un concert, mais c’est un peu tout cela que l’on raconte dans nos histoires, le balajo Privat, l’accordéon, un grand boulevard ou Montand, la Rock’ n Roll Comédie, le Get Yer Ya Ya‘s Out des Stones, la poésie d’Elno et 6 pions dans la musette !

 

A Bientôt

 

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The Strange Family

Publié le par Red Cardell

The Strange Family

 

Le 5 janvier 2016 nous étions en studio à la salle An Dour Meur de Plestin les Grèves, et finalisions les enregistrements du nouvel album un monde tout à l’envers. Ce disque marquait le retour de Jean Michel au sein du nouveau collectif, et l’arrivée de Pierre et Hibu. Nous étions guidés par l’envie de revenir à une forme de chanson-rock où les mélodies de l’accordéon répondaient à celles du chant, celle de retrouver le « son » du groupe après de nombreuses collaborations avec des musiciens d’ici ou d’ailleurs. Ces dernières nous ont permis de gagner en confiance et d’apprendre à partager une identité sonore au delà d’un simple choix musical ou économique. S’il est vrai que la demande est grande en termes de création, et que ces acquis nous aident à faire force de propositions en direction de labels ou d’organisations du spectacle, nous avons conçu ce nouvel album comme une « signature ». Ce fut une belle aventure, intense, sous le signe du partage, de la complicité et de l’écoute. Le groupe aura 25 ans en juillet prochain, nous avons connu beaucoup de climats différents tout au long du parcours, mais cela n’a entamé en rien ce besoin de renouvellement, cette envie de creuser sans cesse l’idée de mélange des musiques, se faire rencontrer Gus wiser , David Byrne, Muddy Waters et tant d’autres artistes dont nous admirons depuis toujours le travail.

The Strange Family

Il y a toujours des références, une construction du musicien, qui font écho à son enfance, à ses premières émotions musicales. Les souvenirs liés à ces « rencontres » restent enfouies et résonnent en nous quand on s’y attend le moins ; d’où l’intérêt de ce second gros projet de l’année Bienvenue répondant à une commande du festival Théâtre à Tout âge organisé par l’association Très Tôt Théâtre.

The Strange Family

La rencontre avec l’autrice Karin Serres, aura été notre première collaboration avec un auteur que nous intégrions dans le collectif. Elle m’a conduit à repenser l’écriture, à définir une méthode basée sur l’écoute attentive de l’autre, que ce soit lors de conversations où le sujet est bien ciblé, ou parfois aussi plus anodine, comme un mot ou une expression pris au vol dans le brouhaha d’une conversation de bistrot ou entre amis.

Le rapport aux sens est important, l’odeur, le toucher, la lumière, le goût… autant de pistes à emprunter, se chercher un chemin personnel tout en indiquant la carte, les points de rencontre. Partager cela avec les 5 invités du projet aura été pour nous une nouvelle manière de concevoir l’objet Cardell. Le fait d’écrire tout autant à destination d’enfants de 6 ans que d’adultes, de raconter ces histoires picorées au gré des 500 questionnaires remplis par autant d’inconnus-es, ou des discussions entre nous, aura permis de rechercher une autre manière d’exprimer l’intime. Se dire ensuite que nous allions le partager avec plus de 2500 personnes (enfants comme adultes) sur le département dans le cadre d’un travail de médiation, me semblait comme un poids énorme à porter. J’étais un peu effrayé par le fait de savoir si je pouvais de manière simple traduire tout cela sur scène et sur disque.

Photo Pascal Perennec

Photo Pascal Perennec

Nous avons eu la chance de rencontrer des invités : Iryna, Cynthia, Emmelene, Farid et Jean François, animés par cette même envie de donner sa traduction première au mot « Bienvenue ». De la même manière chacun des intervenants relais sur les 5 territoires, ou des participants aux ateliers, ont mis la notion de partage au cœur de la rencontre.

Les concerts ont été de vrais et d’intenses moments de vie, construits sur l’émotion,

Il y a eu beaucoup de rires, de cris, de chants de danse et quelques larmes de joie et de tristesse quand nous nous sommes quittés le 18 décembre à l’issue de la dernière date de l’année au pavillon.

Nous avons vécu à 14 personnes, musiciens et techniciens (un grand merci à Nico, Ludo, Sam et Stéphane), sur la route pendant deux semaines intenses en cette fin d’année 2016. J’ai pris un plaisir rare, au cours de ces belles soirées passées au gîte, où nous restions toujours sur un fil, à rechercher cet équilibre qui est l’essence même de la notion de groupe.

Ce spectacle va continuer à tourner sur les prochains mois et années, nous vous donnerons toutes les infos prochainement, le temps de mettre en place avec les structures intéressées le rapport entre médiation et concert. Bienvenue va évoluer en fonction des nouveaux lieux où nous nous produirons, de leurs attentes et de leurs envies…

The Strange Family

Une nouvelle année se profile. Nous avons de nouveaux projets dans les cartons. Tout d’abord un Fest-Rock II avec le Bagad Kemper. Nous souhaitons avec l’équipe Glazik renouveler le répertoire au 2/3, et redéfinir la couleur musicale. Nous allons donc écrire et composer en ce début d’année des arrangements de traditionnels et de nouvelles créations. Si le Fest-Rock I était à la base un choix de titres déjà existants de nos répertoires mutuels, nous allons ici rechercher plus de combinaisons de sons et de rythmes en commun. C’est un spectacle tout autant qu’un concert, être 60 sur scène, établir ce lien entre énergie visuelle et sonore, nous excite énormément.

Il traduit cette rencontre probable entre l’énergie du groove et la danse. Une gavotte montagne a des airs de funk, un Plinn semble venir de la banlieue de Manchester, une mélodie issue d’une Gwerz épouse un blues rural du delta du Mississipi. La musique est ternaire, le thème est simple ou double dans le langage. Il est construit et respecté dans le jeu musical. Le référent du musicien est le danseur qui rythme la mélodie par un mouvement des pas et du corps conduits pour rechercher « l’être ensemble » la transe.

Une autre de ses caractéristiques, réside dans le fait que la musique très énergique répond à une écriture d’inspiration poétique en français, un va et vient incessant entre la puissance de l’ensemble et la fragilité du sens. Ces deux dernières reflètent, les doutes et certitudes mêlées, d’une navigation sur un monde de différences, de points communs, d’histoires et d’individus. Un petit univers à l’échelle d’un village, d’un groupe de musiciens qui jouent de la musique populaire.

 

The Strange Family

Nous avons pas mal de concerts prévus en 2017, nous allons continuer à défendre un monde tout à l’envers tout en intégrant de nouveaux titres dans le set. Ces nouveaux titres feront l’objet d’un nouvel album que nous aimerions enregistrer au second semestre pour une sortie début 2018. Il y a déjà quelques jolis riffs et mélodies que vous pourrez découvrir sur les concerts à partir du printemps.

Je vous tiens au courant.

Belle année 2017 !

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Le nouveau projet, Bienvenue (Suite)

Publié le par Red Cardell

« Bienvenue », raconter l’intime, l’enfance à travers la musique, le Rock surtout… La rencontre aussi. Musique née au siècle dernier de la fusion de deux cultures, africaine et européenne, elle traduit tout autant la société, que l’époque ou le territoire. Elle a muté sans cesse jusqu’à devenir une sorte de baromètre d’un monde en mouvement. Elle traduit cette énergie à partir de la sensibilité d’hommes et de femmes qui décident, comment ? pourquoi ? de monter sur une scène, jouer sur l’émotion collective et rechercher un « ensemble », vérifier que le singulier s’accorde au pluriel. Bienvenue !

Le projet « Bienvenue » réunit cinq artistes des cinq continents autour de Red Cardell. Dans son collectif, créé en 1992, ce dernier intègre également l’autrice Karin Serres.

A l’origine l’idée est de concevoir un spectacle musical à destination d’un public familial à partir de 6 ans.

L’équipe de Très Tôt Théâtre m'a présenté Karin Serres, romancière, autrice de pièce de théâtre Après quelques expériences dans ses pièces, comme « A la renverse », elle souhaitait utiliser la chanson pour raconter une histoire. Le format de 3 ou 4 minutes, lui semblant un nouveau champ d’expression dans son écriture.

Karin serres au premier plan, lors de notre petite présentation de Bienvenue au printemps dernier.

Karin serres au premier plan, lors de notre petite présentation de Bienvenue au printemps dernier.

Je souhaitais intégrer dans le collectif, pour la première fois, un auteur pour m'aider à traduire les émotions premières, souvenirs, liés à la musique.

Nous avons tous les deux conçu un questionnaire autour des émotions liées à la musique, et l'avons fait partager à des centaines de personnes sur tout le département du Finistère.

Un exemple de questionnaire, celui "spécial musiciens"!

Un exemple de questionnaire, celui "spécial musiciens"!

Comment poser une question sur l’interdit : la clé du piano familiale cachée dans la maison quand on est enfant pour ne pas pouvoir jouer, la guitare au mur qui fait rêver,

Le miroir du salon devant lequel on s’imagine chanteur au Carnegie hall, le voisin à qui l’on casse les oreilles en jouant de la batterie ?

Comment traduire le rêve, le rapport intime avec la musique, l’image du casque sur les oreilles par exemple ?

Comment expliquer l’aspect intergénérationnel du rock, de ses mouvements depuis les années soixante, les blousons noirs, les robes à fleurs, les moon-boots, les raves ?

Il y a une résonnance avec l’histoire sociale, politique et économique.

Cela est souvent traduit dans les questionnaires où sont cités, Mozart, Elvis, Woodstock…

 

Enfin il y a le doute : « Je chante faux, on se moque de moi », ce rapport à l’autre construit sur des goûts et théories qui peuvent être remises en causes par l’urgence et l’énergie comme le mouvement Punk naguère et l’électro aujourd’hui avec les progrès techniques considérables permettant de faire de la musique chez soi avec un ordinateur par tâtonnement et opiniâtreté.

 

Je garde une tendresse particulière pour ce film et ces deux chansons! j'ai vu ça petit, le western que j'ai du revoir une vingtaine de fois depuis...

Band of joy de Robert Plant, une belle version de Cindy sur cet album

Band of joy de Robert Plant, une belle version de Cindy sur cet album

Les musiciens sur scène veulent raconter leur(s) histoire ; cette intimité qui trouve son sens dans un mélange d’énergie et d’émotions, cette chance, ce bonheur, de donner du plaisir et d’en prendre à en donner, exprimer l’universalité de ce vécu, lorsque l'on se retrouve sur une scène face à un public,

L'équipe de TTT a imaginé une rencontre avec cinq invités des cinq continents. Nous avons avec Karin associés ces cinq artistes à cinq « codes » que l’on retrouve naturellement lors d’un concert.

Le chant, la mélopée reprise en chœur avec l’artiste Farid Aït Siameur chanteur Kabyle.

La danse les mouvements de foules rythmés avec la chorégraphe et danseuse Cynthia Phung N’Goc.

Les cris avec la chanteuse Ukrainienne Irina Danyeleyko et le chant traditionnel polyphonique qui y trouve son origine.

Les refrains repris en cœur avec la peintre, romancière et cinéaste australienne Emmelene Landon à partir de son travail sur le chant aborigène.

Enfin avec Jean François Dumas du Québec, le rapport avec la percussion : les mains qui Claquent, les pieds qui tapent, d’où le lien avec la podorythmie, technique traditionnelle Québécoise.

La forme est un concert de Rock ; le fond, une histoire avec le son et le rythme comme des repères sur un parcours souvent commun. Tous ces invités ont une histoire avec le groupe depuis ses débuts en 1992.

Avec Farid Aït Siameur lors des répétitions à très tôt Théâtre. Notre compagnon de Penfleps, le premier groupe né au Koz Ker à Brasparts, l’origine de Red cardell. On se retrouve comme hier, nous avons composé des titres qui nous rappellent de beaux souvenirs.

Avec Farid Aït Siameur lors des répétitions à très tôt Théâtre. Notre compagnon de Penfleps, le premier groupe né au Koz Ker à Brasparts, l’origine de Red cardell. On se retrouve comme hier, nous avons composé des titres qui nous rappellent de beaux souvenirs.

Cynthia Phung Ngoc nous a été présentée par Emeleene, elle a participé à une performance à Bayonne lors de l’un de ses derniers projets. C’est la première fois que nous travaillerons sur scène avec une danseuse chorégraphe. Nous allons donc intégrer la danse et l’espace dans la scénographie.

Cynthia Phung Ngoc nous a été présentée par Emeleene, elle a participé à une performance à Bayonne lors de l’un de ses derniers projets. C’est la première fois que nous travaillerons sur scène avec une danseuse chorégraphe. Nous allons donc intégrer la danse et l’espace dans la scénographie.

 Iryna Danieleyko est une chanteuse Membre du groupe Gourtopravci avec qui nous avons beaucoup tourné depuis 2005, en France et en Ukraine. Ce projet est l’occasion de renouveler notre répertoire commun à partir de mélodies et chants traditionnels, d’aller un petit peu plus loin dans la composition et l’écriture.

Iryna Danieleyko est une chanteuse Membre du groupe Gourtopravci avec qui nous avons beaucoup tourné depuis 2005, en France et en Ukraine. Ce projet est l’occasion de renouveler notre répertoire commun à partir de mélodies et chants traditionnels, d’aller un petit peu plus loin dans la composition et l’écriture.

Emmellene Landon est une amie d’enfance .  Nous avons toujours échangé sur nos projets artistiques. Ce projet est l’occasion de nous retrouver. Ses tableaux nés de ses nombreux voyages, dont un voyage autour du monde en cargo, ses films ou ses romans sont souvent liés à ses origines. Elles est également musicienne, chante, joue de la flûte à bec et du violon.

Emmellene Landon est une amie d’enfance . Nous avons toujours échangé sur nos projets artistiques. Ce projet est l’occasion de nous retrouver. Ses tableaux nés de ses nombreux voyages, dont un voyage autour du monde en cargo, ses films ou ses romans sont souvent liés à ses origines. Elles est également musicienne, chante, joue de la flûte à bec et du violon.

Nous avons rencontré Jean François Dumas au Festival du bout du monde à Crozon en 2008. Programmé juste avant nous avec Juan Sebastian Larobina, il avait accepté de remplacer au pied levé notre batteur empêché ce jour là. Devant plusieurs milliers de personnes nous avions donné un set joyeux et musical, et avions été emballés par la planche et les pieds. Une belle rencontre que nous avons su entretenir au fil du temps. Ce projet est l’occasion pour nous d’y donner une suite.

Nous avons rencontré Jean François Dumas au Festival du bout du monde à Crozon en 2008. Programmé juste avant nous avec Juan Sebastian Larobina, il avait accepté de remplacer au pied levé notre batteur empêché ce jour là. Devant plusieurs milliers de personnes nous avions donné un set joyeux et musical, et avions été emballés par la planche et les pieds. Une belle rencontre que nous avons su entretenir au fil du temps. Ce projet est l’occasion pour nous d’y donner une suite.

Les cinq artistes vont travailler sur cinq territoire du département, dans le cadre de la médiation. plusieurs centaines de participants vont travailler pour reproduire pendant le spectacle cette inter-action entre musiciens et public!

Parmi eux, des écoles, des conservatoires de danse et de musique, des chorales, des retraités, l'association des paralysés de France qui avait créé lors d'ateliers d'écriture le texte de La chanson phare du spectacle Choeur de ville en 2012, "Comme un étranger".

Une chanson qui entre bien en résonnance avec ce beau projet.

Bienvenue!

L'enregistrement du titre au chapeau rouge avec le chef de choeur Bernard Kalonn avec qui nous avions dirigé le final du spectacle.

 

Red Cardell

Nouvel Album 

 

Sortie le 2 Novembre

Bienvenue

 

Textes: Karin Serres et Jean-Pierre Riou

Chant et musiques: Red cardell (Jean-Pierre Riou, Jean-Michel Moal, Hibu Corbel, Pierre Sangra)

Jean-François Dumas (Québec, Continent Américain)

Irina Danileyko (Ukraine, Continent Européen)

Farid Aït-Siameur (Algérie, Continent Africain)

Cynthia Phung-Ngoc (Vietnam, Continent Asiatique)

Emmelene Landon (Australie, Continent Océanien

 

 

 

Spectacle Bienvenue

18 novembre : Quimperlé, Salle du Coat Kaer

07 Décembre : Quimper, Hopital

09 Décembre : Chateauneuf du Faou, Salle Ar Sterenn

10 Décembre : Briec , l’Arthémuse

11 Décembre : Concarneau, CAC

14 Décembre : Plozevet, Salle Avel-Dro

15 Décembre : Guipavas, l’Alizé

16 décembre : Saint Thégonnec, Salle des fêtes

17 décembre : Quimper, Le Pavillon

 

 

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Bienvenue

Publié le par Red Cardell

Les concerts de la reTournée ont débuté depuis un mois, nous prenons beaucoup de plaisir dans ce nouveau collectif et avons eu de très bons retours tant du public que de la presse. Cela nous encourage et nous motive pour les prochaines dates à venir courant de l’été et cet automne.

Bienvenue

Alors que nous jouons sur scène ce nouvel album, nous venons d’en commencer un nouveau, dont la sortie est prévue début novembre prochain. Nous avons accepté l’invitation de Très Tôt Théâtre (Scéne conventionnée jeune public) de créer un spectacle pour le festival Tata. Le Fest-Rock avec le bagad Kemper y fut créé en 2011, et j’ai à titre personnel construit avec Bernard Kalonn le projet Chœur de Ville, final de l’édition 2012 place saint Corentin à Quimper avec plus de 1500 choristes.

Ce nouveau spectacle s’appellera « Bienvenue ». Il est destiné à un public familial à partir de 6 ans. Cinq invités venant des cinq continents vont intégrer le collectif. Nous allons participer à un travail de médiation sur tout le département du Finistère autour de « codes » que l’on retrouve pendant un concert de rock dans le rapport musiciens-public.

5 territoires vont accueillir un artiste, et dessiner avec lui des moments du concert.

Bienvenue

Pour cela nous avons contacté respectivement : Irina Danieleyko du groupe ukrainien Gourtopravci qui représentera l’Europe, Cynthia Phung ngoc danseuse et chorégraphe, l’Asie, Farid Aït Siameur du groupe Tayfa , l’Afrique,Emmelene Landon peintre, écrivain et cinéaste australienne, l’Océanie et Jean François Dumas du groupe Québécois Bon Débarras, l’Amérique.

Ces artistes interviendront avec nous sur scène mais aussi dans la salle. Nous allons travailler autour du « lâcher prise » ou de la danse/art martial Mulan quan, de la podorythmie et des percussions corporelles, de la culture aborigène et de la traduction du territoire, de la mélopée, de la mélodie Berbère, du cri, origine du chant polyphonique ukrainien.

Pour l’écriture des textes de chanson, nous allons collaborer pour la première fois avec un auteur, une autrice : Karin Serres. Nous avons avec Karin rédigé un questionnaire que vous trouverez ici afin de nous donner de la matière pour écrire et décrire le rapport entre les premières émotions liées à la musique et l’instant de la scène. On peut faire de l’air guitar devant sa glace, chanter faux, avoir peur d’un vieux piano aux touches jaunies et aux pieds sculptés, avoir comme premier public ses parents, ou ses animaux de compagnie…

N’hésitez pas à le remplir, cela peut nous donner de la matière pour conter dans une chanson une petite histoire.

Nous avons déjà composé quelques musiques et cela fera l’objet d’un album dont la sortie est prévue en novembre. Nous réfléchissons pour février 2017 à un objet où l’on pourrait insérer le CD, incluant également de l’image, photos, dessins, vidéos et du texte. Les premiers concerts sont prévus, une dizaine dans le Finistère, entre le 18 novembre et le 18 décembre 2016.

C’est donc un collectif de 10 personnes qui compose le prochain Red Cardell. Une belle aventure que nous venons de débuter avec les rencontres durant tout le mois de juin entre participants (écoles, associations, lieux culturels), musiciens et artistes des cinq continents.

Nous allons vous tenir au courant de l’avancée du projet. L’écriture et la composition ont commencé, nous enregistrerons les titres dans le courant de l’été.

Bienvenue !

Origine!

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Un monde tout à l'envers

Publié le par Red Cardell

Red Cardell cherche à exprimer depuis plus de vingt ans une vision de la musique populaire née du parcours personnel d’individus, mais aussi d’une interprétation subjective d’un héritage comme l’a bien traduit Dan ar Braz dans les années 90 .

Se positionner sur une forme et un fond dont plusieurs traductions sont possibles, ouvre un territoire à défricher, sans pouvoir véritablement exprimer des certitudes.

Si la musique traditionnelle est orale et rurale, les évolutions d’un monde et de l’espace temps invitent à la remettre en perspective continuellement. Mis à part le travail scientifique de l’ethnomusicologue qui s’appuie sur des recherches, des archives ou des témoignages, les autres chemins, en particulier ceux de la création musicale qui intègrent le champs critique, sont plus complexes à emprunter.

Avec le groupe, depuis le début de l’histoire en 1992, nous essayons de construire un rapport, un lien, entre le chant, l’énergie du rock, et la mélodie. Si au minimalisme de deux accords correspondent une mélodie et une incantation, nous y trouvons notre compte, car cela traduit au plus près la danse et son coté tribal, si souvent ressenti dans le cercle sur un plancher en bois ou la terre battue, au son de chanteurs ou sonneurs. Si de l’autre coté, nous développons un schéma harmonique plus complexe, cela ouvre la possibilité de mélodies plus construites, écrites. On rentre alors dans une lignée de musiciens, qui, de tout temps, et sur tout types de territoire ont construit leur répertoire en fonction du goût, de la musique qu’ils pouvaient écouter, découvrir au gré de leurs voyages et de leurs rencontres.

Un monde tout à l'envers

Pour cet album, nous avons construit les titres en s’affranchissant des codes de la musique traditionnelle bretonne. Depuis 5 ans maintenant, nous avons beaucoup travaillé sur ce domaine. Le Bagad Kemper aura été un excellent « tuteur ». Il nous a laissé la possibilité de nous exprimer selon notre « ADN », mélodies, Riffs, textes en Français. Ce projet Fest-Rock n’est pas construit, il intègre ce dont je parlais auparavant, une sorte d’inconnu où le partage s’impose comme seul dogme, et ouvre de nombreuses portes. Nous essayons donc de continuer à mettre en pratique cette ouverture d’esprit qui nous semble idéale.

« Un monde tout à l’envers » s’est créé petit à petit mais très vite. Nous avons souhaité écrire en premier lieu des chansons. Jean Michel et moi-même avons composé celles-ci à partir de fragments de mélodies et d’accords que nous avons assemblés en studio pour construire couplets, refrains et ponts. Ceux-ci pouvant tout autant être joués à l’accordéon que chantés. Beaucoup de prises de son de l’album sont d’ailleurs issues de ces « maquettages », car nous y avons trouvé beaucoup de fraicheur, et souhaité les conserver.

Le documentaire de Pol Le Meur qui nous a suivi de novembre à février.

Une fois ce travail finalisé, nous avons confié à Pierre Sangra les fichiers guitare accordéons chant et samples de percussions ( nous travaillons avec un tempo établi en amont ce qui offre la possibilité de s’échanger ces fichiers par mail et permet d’avancer chacun chez soi sur les titres). Pierre a alors redessiné les titres, changé les samples parfois, introduit des arrangements de cordes, de percussions et de synthétiseurs. Il a pris en charge tout l’aspect de la production musicale, définit le spectre sonore où se mêlent les fréquences depuis la plus basse jusqu’à la plus aigüe, essayé de trouver une pièce (créer un endroit où nous jouerions tous ensemble et sa réverbération naturelle). Ensuite, il nous a fallu nous retrouver en studio pour les prises de batterie et d’instruments acoustiques afin de gagner en précision. Hibu Corbel a reçu les maquettes depuis déjà quelques semaines, il travaille de son coté sur les atmosphères qu’il peut créer. La batterie apporte un mouvement qui définit l’essence d’une chanson, c’est un pilier. Pour tout ce travail le rôle de l’ingénieur du son est essentiel, il va mixer l’album et donc commence déjà à combiner le rapport entre technique et artistique.

On peut comparer cela aux teintes de couleurs sur un tableau, à ses lignes. C’est physique dans tous les sens du terme. Jusqu’à l’étape finale qu’est le mastering, l’épreuve que nous confions à l’entreprise qui va presser, graver le CD. Entre temps, vous l’imaginez bien, il y aura nombre de discussions sur les niveaux de volume de chaque instrument, les fréquences, la stéréophonie etc…

Un monde tout à l'envers

Concernant la partie texte, je m’en occupe après la composition musicale. Je trouve naturellement une mélodie de chant sur laquelle je suis à l’aise, puis définit un rapport entre syllabes, notes et respirations. Pour cet album j’ai cherché à mettre en valeur la rythmique du mot, sa musicalité. J’ai donc construit mon écriture autour de « silences », pouvant me permettre d’aller plus loin que lors de mes précédents albums et d’expérimenter une autre manière de placer ma voix sur la musique. J’ai enregistré il y a deux ans avec mes amis d’enfance, les Joyeux Fusibles un album où j’abandonnais le coté incantatoire du chanteur de scène pour un cadre plus intime. Cela m’a fait beaucoup de bien. D’ailleurs pour le titre « Origine », j’ai utilisé un texte de Louis, car il y a dans son écriture ce rapport entre silence, sens et « parlé ». Pour l’écriture, j’ai souhaité m’affranchir de repères autobiographiques, mais avec le recul de quelques mois, j’en suis moins sûr. Comme traduit au début de cet article, nous cherchons à nous inscrire sur le présent, et je pense être inconsciemment influencé par mes émotions.

Les mots se répondent par images. Atténuer le coté lyrique du sens et du son est un exercice difficile. J’ai quand même essayé sur le titre « Cinéma » et sur « Je Cherche ». Les thèmes abordés racontent des lieux, parc, ring de boxe, chambres, bancs publics. On y croise des chats qu’on on appelle « Chat », des peintres, des Poètes, des soleils, du vent, un peu de légèreté. Il y a de nombreuses références à des scènes de cinéma, « A bout de souffle », « la nuit américaine », « Le faucon maltais » , « Breakfast at Tiffany’s »…

Un monde tout à l'envers

La dernière étape consiste à rechercher un visuel. Depuis trois albums, nous faisons confiance au graphiste de Locronan, Fanch Le Hénaff. Il nous a proposé trois visuels et avons trouvé une unanimité sur celui du sourire. C’est une photo d’affiche déchirée sur un mur de la ville de Halle en Allemagne dans les années 90. Il y a une référence à Jacques Villeglé bien sur et un clin d’œil à ses origines quimpéroises. L’artiste a exposé cet hiver au musée de Morlaix. On peut voir actuellement une exposition à la galerie des faïenceries Henriot, ainsi qu’au musée d’art moderne et contemporain de Saint Etienne.

Jacques Villeglé - rue de la biche

Jacques Villeglé - rue de la biche

C’est un visuel plutôt joyeux avec lequel on peut même s’amuser, voyez plutôt !

A vous de jouer !!!

Un monde tout à l'envers

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Red Cardell

Publié le par Red Cardell

Pas mal de changements dans le groupe, une autre histoire qui commence, ou recommence, c’est selon… Depuis mes débuts, surtout à partir de Penfleps, j’ai connu des crises, des engueulades, des rires, des splits, des retournements de situation, de la tension, de la joie, en tout cas beaucoup de moments où l’on se pose un tas de questions. La principale étant toujours de trouver une réponse ! A chaque problème sa solution comme le dit souvent un ami régisseur. On a beau acquérir de l’expérience, prendre du recul sur ce qui n’est en somme que du divertissement, il y a toujours de l’humain au centre d’un projet. Maîtriser le contexte, apprendre à négocier, jouer le compromis, éviter le conflit : toutes ces formules font partie d’un contrat tacite que l’on signe de manière informelle au début d’une aventure. Chercher une ligne de conduite, puis s’y tenir peut sembler périlleux lorsque l’on sait que l’on n’y connaît rien, et que nous ne cesserons d’apprendre tout au long du parcours. Faire un choix est donc parfois un exercice délicat qui dépasse très souvent le cadre de la raison. On trouve tout au long de la route autant de petites pierres blanches pour retrouver son chemin que de peaux de bananes pour glisser. On fait donc le nécessaire pour s’orienter. Il reste toujours un drapeau sur une bouée qui sert à quelque chose, c'est la musique!

Quimper le 12/12, Photo Pol Le Meur

Quimper le 12/12, Photo Pol Le Meur

Après deux années à accompagner le Celtic Social Club, je préfère retourner vers mes choix artistiques et Red Cardell. Je suis heureux de retrouver Jean Michel sur un nouveau projet. Nous avons depuis trois mois travaillé à l’écriture de nouveaux titres. Notre seul objectif est de réussir un bel album, éviter les redites, trouver un nouveau son. Pour cela nous avons demandé à Pierre Sangra de porter un regard (une oreille) extérieur à nos compos. Il a commencé un travail de production artistique et d’arrangements. Nous lui faisons confiance, car il nous semble opportun de partager tout cet aspect tout autant artistique que technique avec un tiers. Pierre nous connaît bien maintenant depuis sa participation à l’album « Naitre » en 2006, jusqu’au Fest-Rock dans lequel il assure les remplacements du violoniste Pierre Stéphan. Il y a une nécessaire remise en question à chaque album qui nous a convaincu de ce choix.

Pierre Sangra Concarneau Fest-Rock 2015 (Photo OF)

Pierre Sangra Concarneau Fest-Rock 2015 (Photo OF)

Pierre Sangrà

Après avoir évolué dans le milieu du Rock français des années 80 , entre autre comme chanteur guitariste du groupe Banlieue Est ( EMI ) , et comme compositeur ou arrangeur pour de nombreux artistes tels que Marisa Berenson , Chris Ford ( GB) , Keiko Masuda ( Japon "Pink Lady" ) , Julie Pietri etc …, il rencontre le chanteur Thomas Fersen, l'accompagne depuis 1994 en tant que multi instrumentiste, participe aux enregistrements de ses dix albums et à plus de mille de ses concerts.

Pierre pratique le violon, le ukulélé (Ukulélé Club de Paris ) aussi bien que le banjo, la mandoline, ou encore le oud, le saz et la pédal steel. Il a participé aux enregistrements de nombreux albums pour des artistes comme Vincent Delerm, Pierre Perret, Red Cardell, Alexis HK, Gérald Genty, Manu Da Silva et bien d’autres.

On a pu le voir également sur scène et lors de passages radiophoniques ou télévisés au coté de divers artistes tels que "Au p'tit bonheur", Corine Marienneau ainsi que la plupart des artistes cités ci-dessus.

Nous avons contacté également un nouveau batteur, Hibu Corbel, que j’avais eu l’occasion de rencontrer à un concert d’Alexis HK à La Roche Jagu, Pierre était le guitariste sur cette tournée, ils se connaîssent bien.

Hibu Corbel

Hibu Corbel

Hibu Corbel

Batteur de la région nantaise, rock, jazz, musique électronique, officie également avec Robin Foster, We Are Bodies, Das Kino, Crimson Daze, Tip of The Lips entre autres ! Rencontre avec Pierre Sangra pour la tournée des Affranchis et du dernier présent d'Alexis HK. Fan de Red Cardell de la première heure c'est avec un plaisir non dissimulé qu'il rejoint l'équipe pour cette nouvelle aventure !

Si nous allons quand même attendre l’enregistrement qui débutera en décembre pour bien savoir où nous allons, je peux déjà vous annoncer que l’album est une belle conversation entre mots et mélodies. Nous allons vous tenir au courant de son avancement par des vidéos de répés, en essayant de capter ces petits moments où l’on s’efface derrière l’aspect humain du travail. Nous vous en dirons plus très bientôt.

Sinon nous continuons évidemment le projet Fest-Rock avec le Bagad Kemper. Là aussi de belles pages restent à écrire, nous envisageons de créer de nouveaux titres et d’améliorer certaines choses, tout en gardant son esprit festif et spectaculaire.

Voilà donc pour les nouvelles d’un groupe, pas tout à fait comme les autres, mais d’un groupe tout comme les autres.

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RBO

Publié le par Red Cardell

RBO : trois lettres qui sont entrées en Bretagne occidentale dans le langage courant.

Trois lettres, et trois semaines de grève dans le service public !

Une grande partie du personnel s’inquiète aujourd’hui de l’avenir de la maison ronde.

Un plan de restructuration est dans l’air, il consisterait pour France Bleu (Oui, c’est très moche France Bleu, RBO ou RBI ça sonnait beaucoup mieux ! Comme une radio américaine. La Classe !) à concentrer les moyens de production et donc de réduire le temps d’antenne local. En plus du licenciement d’un nombre important d’employés, cela aurait également pour conséquence de réduire la part de diffusion de la production locale.

RBO

La Bretagne est avec Paris, la région qui produit dans le pays le plus grand nombre de disques. Nous avons la chance d’avoir sur le territoire parmi les plus gros festivals de musique actuelle et du monde, deux producteurs et distributeurs indépendants, un nombre important de labels dans tous les styles de musique. Nous, musiciens, parvenons à vivre parce que nous pouvons faire correspondre un album à une tournée. Nous rentabilisons ainsi des projets onéreux, car oui, cela coûte cher d’enregistrer un album. France Bleu, comme les radios locales associatives permettent une diffusion de ces œuvres et sont le relais indispensables de nos productions. La force du service public à sa naissance était justement de donner des moyens financiers et techniques dont ne disposent pas les radios locales associatives. La mission de service public incluait une large diffusion de la production locale. Comme je l’ai déjà dit sur ce blog, la réussite de la Bretagne en terme de festivals, de groupes et de structures est née d’une synergie entre artistes, organisateurs, médias et acteurs professionnels de la filière. Tout le monde a progressé en même temps et si l’artistique reste le point fort du projet, il n’aurait pu trouver son auditoire sans le travail de tous.

RBO

Les quatre grands artistes bretons souvent cités et restant 40 ans plus tard toujours sur le devant de la scène, ont eux bénéficié d’une audience nationale grâce au mouvement folk international de la fin des années soixante. Le concert de Stivell à l’Olympia était retransmis sur Europe 1 par exemple. Cela intéressait alors la critique rock Française, bercée par les albums de Dylan, Crosby Stills Nash and Young, Donovan et consorts… Aujourd’hui les radios nationales sont pour la plupart des artistes d’ici inaccessibles. Notre musique est souvent réduite au couple biniou koz- bombarde, quand, même nous n’en jouons pas. C’est une réalité, nous n’avons aucun réseau nous permettant de franchir La Vilaine, ou alors à de rares exceptions prêts. Le mot « réseau » est écrit. Il caractérise pour moi la bonne santé d’un secteur comme le notre. La région est petite, et toutes ces personnes ont l’occasion de se croiser, d’échanger. A terme cela devient une force qui sert la masse.

Alan Stivell et un line-up de rêve!

A nos débuts, RBO nous a soutenu, nous a permis de faire connaître le travail naissant du groupe. Nous avons évolué, eux aussi. Je me souviens du temps où l’animateur choisissait la play-list de son émission…

Le titre « Fantômes » fut composé suite à une commande de Sten Charbonneau en 1993, depuis il est toujours l’indicatif et le jingle des émissions en langue bretonne.

L’arrivée du réseau France Bleu a correspondu avec une uniformisation de la couleur musicale de l’antenne. Si les acteurs culturels locaux sont toujours régulièrement diffusés, je pense personnellement que la radio a orienté sa programmation musicale sur de la variété française et internationale dans l’air du temps en particulier les années 80, et perdu en force de proposition sur la scène régionale. Le formatage est devenu plus courant et l’on sent que la radio n’a plus les coudées franches comme il fut un temps, même s’ils s’en sortent mieux ici que les autres radios du réseau ou là l’on ne déroge pas à la play-list nationale. C’est là je pense qu’a commencé le processus de rationalisation du service public. Ce qui était gagné du point de vue du gestionnaire était difficilement quantifiable du coté des auditeurs. C’est un risque très grand d’oublier les résultats obtenus par toute cette énergie employée à faire connaître la scène locale, les festivals, les créations. Nous avons besoin les uns des autres. France bleu Breiz Izel et Armorique sont des partenaires essentiels. Lorsque l’on compare notre service public à la BBC, on se dit que nous avons encore du chemin. Cette grève pose de nombreuses questions. Elle interroge sur une vision. Nous pensons à tout le personnel qui aujourd’hui voit son outil de travail menacé, cet outil c’est aussi le notre en tant que contribuables. Nous mesurons tous les jours la chance d’avoir en Bretagne cette force économique réelle qui lie le tourisme et la culture en général, pas seulement bretonne et tant mieux ! Cela devient banal de chiffrer l’apport considérable de ce secteur dans l’activité économique globale de la région et pourtant rien n’est acquis. Il nous faut rester vigilant, cela nous concerne tous.

Tout notre soutien au personnel en grève !

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Fromage

Publié le par Red Cardell

L’association Très Tot Théâtre connaît depuis quelques mois des difficultés liées à un incident ayant eu lieu lors de la dernière édition du festival Tata. Le spectacle d’ouverture n’a pas plu au maire de la ville, qui l’a fait savoir lors d’un discours filmé par des journalistes présents et relayé par les réseaux sociaux. Le premier magistrat de la commune a critiqué la ligne éditoriale du festival, la jugeant élitiste. Il a argumenté ses propos en considérant que la vocation d’un festival de fin d’année à Quimper, à l’adresse du jeune public, se devait d’être avant tout « populaire » et « accessible ». Des tensions sont nées suite à cet épisode et font aujourd’hui objet de débat au sein de la communauté artistique et politique Quimpéroise. Depuis, le montant des subventions pour les prochaines années, dans le cadre de la convention liant Très Tôt à la municipalité a été revu à la baisse. L’inquiétude grandit tant auprès du personnel que des nombreuses associations et établissements scolaires associés aux projets dans le cadre de la médiation. J’ai participé à deux projets de fin d’année dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Le premier Fest- Rock a été un beau succès populaire avec la participation de 600 enfants des écoles de la communauté d’Agglo. Le bagad Kemper a animé des ateliers de percussion, et nous avions joué ensemble en décembre 2011 devant plus de 5000 personnes. Depuis le fest-Rock rencontre un vrai succès et a été joué dans de belles salles comme Bercy, le Zénith de Nantes, Brest Aréna ou programmé à des festivals prestigieux comme l’Interceltique ou Ortigueira en Espagne. Voir un spectacle réunissant plus de 50 exécutants tourner une vingtaine de fois est plutôt rare, et on ne peut que féliciter Très Tot d’avoir été à son initiative.

Pour Cœur de ville j’ai dirigé artistiquement un projet d’écriture de chanson et un spectacle choral avec Bernard Kalonn sur le parvis de la cathédrale ayant réuni plus de 1600 chanteurs et 5000 spectateurs. Ce fut là aussi une magnifique expérience que d’écouter la chanson « Encre Amer » écrite par le groupe pôle voix et l'APF. Je garde de ces deux projets de magnifiques souvenirs et surtout une autre appréciation du travail dans le cadre de l’institution. La médiation est vraiment une nouvelle voie artistique, la rencontre avec l’autre est au centre du projet et le recentre sur le plan humain.

Nous n’avons avec Cardell que très peu travaillé avec l’institution, notre philosophie de groupe trouve ses origines dans le rock alternatif Français de la fin des années 80. Elle est basée sur l’indépendance et le besoin de maitriser tous les aspects tant artistiques que professionnels du métier de musicien.

En 25 ans de scène nous avons connu seulement deux expériences de ce type. Tout d’abord au Théâtre de Cornouaille pour la création de l’album « Naitre » et du spectacle « Red Cardell fait son bal ». Nous avons beaucoup appris, en particulier dans le domaine de la production de spectacle. Toute l’expérience engrangée alors, nous sert encore aujourd’hui dans nos nouveaux projets. Ce fut la première fois que nous ouvrions le groupe à d’autres, cela aura été essentiel pour la suite d’un parcours, où nous raisonnons aujourd’hui en terme de collectif. Le projet avec Très Tôt, six ans plus tard, nous a aussi permis d’entrer au cœur de la musique Bretonne. Cette nouvelle reconnaissance nous a ouverte de nombreuses portes et permis de faire de très belles rencontres.

Il y a de tout temps eu ce débat sur le rôle de l’institution. Elle intègre le citoyen à la conception même de l’œuvre artistique. Son représentant, l’élu, décide d’une politique durant son mandat. L’association joue le rôle de relais entre institutions locales, nationales, artiste et public. De nombreuses personnes peuvent se sentir exclues : artistes et acteurs professionnels de la région. Naissent alors de frustrations, des rancœurs qui créent un décalage comme on peut le voir, l'entendre et le lire aujourd’hui à Quimper. Nous avons avec le groupe souvent ressenti ce sentiment d'abandon qui nous fait osciller entre paranoïa et amertume. Il faut essayer de le surmonter.

Qui n’a jamais été témoin dans un musée du visiteur commentant une œuvre en disant qu’un enfant pourrait faire la même chose. Suivant le degré de ses propres connaissances on juge une œuvre artistique d’un point de vue esthétique ou alors en la replaçant également dans son contexte historique. On s’ennuie, ou alors on éprouve des sentiments, c’est comme la vie ou le fromage!

La création est subjective, elle traduit notre monde. L’intégrer dans le champs politique demande à nos élus une grande compétence dans le domaine culturel. C’est vrai également dans le sport ou l’économie par exemple. Pompidou a fait beaucoup pour l’art contemporain, Lang pour la musique, il n’ y pas de monopole idéologique du mieux disant culturel. Eastwood est un artiste brillant tout autant que Dylan, leur parcours est parsemé de contradictions qui nous questionnent. Je trouve cela très triste de voir tout un superbe travail remis en cause. On peut ne pas partager les mêmes idées mais se retrouver dans des valeurs humanistes et reconnaître les compétences. L’association Très Tôt Théâtre comme d’autres a fait ses preuves et donne du sens à son projet en mêlant spectacles populaires et théâtre d’avant-garde.

Elle est reconnue aujourd’hui au point de vue national et international, en témoigne la réussite des journées professionnelles, pendant le festival, réunissant les acteurs du spectacle jeune public. Tout un réseau a été mis en place qui permet à de nombreuses compagnies de tourner parfois plusieurs années un spectacle réussi. Jean Claude Paréja son fondateur a soutenu notre groupe dès le début, via le festival du Chaînon manquant en particulier, autre réseau destiné aux musiques actuelles et créé dans les années 90 à Tours. Il nous disait toujours de prendre notre temps, d’avancer prudemment mais régulièrement. Que l’important était de durer, que les choses se mettent naturellement en place lorsqu’il y a du travail et du sens. Le président du Quartier, Centre d’art contemporain à Quimper, Jean Yves Crochemore fut également à l’initiative de « Red Cardell fait son bal » au Théâtre de Cornouaille et nous a fait confiance à un moment crucial de la vie du groupe en 2003.

Il faut sans cesse remettre en cause tous les acquis et… convaincre !

Tenez bon les copains !

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Collection Gwenn Ha Du

Publié le par Red Cardell

Un nouvel album, N°16 depuis 1992!

Un nouvel album, N°16 depuis 1992!

Nous sortons un nouvel album avec le groupe. Celui-ci est particulier dans notre discographie, car nous avons répondu à une commande.

En juin 2012, lors du tournage de l’émission « Des racines et des ailes », nous avions pour la première fois rencontré Pascal Jaouen, qui souhaitait en tant que « fil rouge » de l’émission faire découvrir notre travail avec le bagad Kemper. Nous venions de créer Fest- Rock et de sortir l’album « Falling in love » mixé à Harlem dans un temple du Hip Hop. Il nous fit part de son envie de créer une musique originale pour le prochain défilé de sa nouvelle collection prévue en 2014. En 2013, nous avons commencé avec le Bagad à travailler sur le projet. Nous devions suivre un synopsis écrit pour l’occasion par pascal et son équipe, autour d’une cérémonie organisée pour célébrer la Bretagne. Les deux couleurs noir et blanc symbolisant un signe de reconnaissance aujourd’hui visible dans le monde entier lors de rassemblements divers et festifs comme, par exemple,les évènements sportifs. Ces deux couleurs ont donc inspiré Pascal pour cette nouvelle création.

Collection Gwenn Ha Du

La musique suit une trame décomposée en plusieurs tableaux composés chacun de plusieurs mouvements : allégorie de la Bretagne, ouverture des cinq continents, Bal, Gwerz et Clubbin pour le final entre autres. Nous avons avec Steven Bodénès traduit tout cela en essayant de faire correspondre aux modèles des musiques traditionnelles des différents terroirs, d’autres ambiances et atmosphères. Imaginer une Bretagne aussi influencée par la musique des Sœurs Goadec que celle de Marquis de Sade. Cela correspondait tout à fait à trouver les ponts entre tradition et modernité. Comment respirer une musique que nous pratiquons et écoutons depuis longtemps dans une sorte de matière composée de tous les créateurs qui œuvrent depuis toujours pour un art populaire. Nous sommes privilégiés en Bretagne, car nous pouvons de plus en plus croiser nos expériences avec des artistes d’ici et d’ailleurs, ouverts à d’autres cultures, ouverts sur le monde mais également entrepreneurs et dans l’action. Cela nous permet d’exprimer des idées, des désirs, mais également de faire des choix personnels bien marqués. Nous avons cette chance depuis la naissance des cafés concerts dans les années 70/80 de jouer, rencontrer du monde. Le discours a évolué avec la professionnalisation de tous les secteurs économiques rattachés à la musique et à la « culture bretonne » au sens le plus large. Si tout est loin d’être parfait, il n’en demeure pas moins que beaucoup de choses peuvent être imaginées et réalisées.

Enregistrement lors de Chorus sur Antenne 2

Pour ce projet, à la demande de Pascal, nous avons travaillé sur des figures imposées.

Violon, Accordéon, Gwerz étaient désirés par le créateur. Nous avons donc fait appel à de nombreux invités : Thomas Moisson, Pierre Sangra, Pierre Stéphan, Ronan Le Bars et Armel an Hejer par exemple.

Nous avons avec le bagad chercher une continuité avec le Fest-Rock, tout en laissant aussi des plages plus libres où se mélangent, Rock, électro et chanson Française. Les influences vont de Peter Hook de Joy division et New order à Higelin époque « Grabouif ». Pour cela nous avons travaillé dans de nombreux lieux différents. Pour des raisons pratiques, mais aussi plus personnelles. Si la prise de son d’un bagad nécessite un studio mobile, une trentaine de micros, je peux, par exemple, faire guitares, banjos et mandoline à la maison. Nous mixons ensuite l'ensemble. Manu peut également produire ses parties instrumentales dans son studio. Nous travaillons de plus en plus de cette manière, c’est une autre façon de jouer ensemble, on s’envoie les fichiers par mail et jouons et rejouons dessus. Depuis quelques années ça devient même une façon de faire qui nous pousse, pour demain, à penser retourner ensemble dans une salle de répétition, ne rien avoir préparé et se mettre à jouer tout simplement, improviser surtout. C’est une bonne base pour un projet futur.

Enregistrement des caisses claires du Bagad Kemper au Chausson pour Falling in Love

Nous recherchons aujourd’hui à traduire tout autant des émotions personnelles vécues que d’imaginer une sorte de possible. Notre ambition se limite à nos compétences et la musique populaire nous offre un cadre qui nous permet beaucoup de choses. La haute couture est elle, un domaine bien plus précis et se situe sur une toute autre échelle. La maitrise de la broderie de Pascal et son rayonnement nous rendent admiratifs. Nous n’avons qu’un tout petit rôle à tenir, celui de lui rendre à travers la musique ce qu’il nous apporte par sa confiance.

C’est donc un album très conceptuel, écrit en totale liberté. 1h05 de musique instrumentale, mais aussi quelques chansons, dont un Rap « 125th » écrit par les New Yorkais de Tanya Morgan à partir d’une gavotte montagne. Ce titre traduit bien notre envie d’ailleurs et de renouvellement.

Un gilet brodé, des coquillages, superbe! (Photo Ouest France)

Un gilet brodé, des coquillages, superbe! (Photo Ouest France)

Nous avons assisté dimanche à la première des défilés de la nouvelle collection. Nous nous retrouvions pour la première fois dans une telle ambiance. Beaucoup de monde en coulisses, modèles, coiffeurs et maquilleuses, les couturières, mais aussi presse, appareils photos et caméras. Une tension bien-sur, mais quand même tout cela dans la bonne humeur. Nous avons pu mesurer l'ampleur du travail de Pascal Jaouen, et imaginer combien cela obéit autant à la rigueur de cet art qu'est la broderie, qu'à l'inspiration du créateur. Nous étions bien intimidés et avons ressenti un peu la même choses que dans un concert et rassurés à la fin des défilés que la musique puisse correspondre. Si nous devons encore modifier deux trois petites choses, elle a reçu un très bon accueil. Maintenant d'autres défilés sont prévus et nous souhaitons à Pascal et toute son équipe, le meilleur!

Pour le moment très bonne écoute d'un disque dont je suis très fier

A Bientôt

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