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Le blog de Red Cardell

Le blog de Red Cardell

Ce Blog traîte de sujets décalés par rapport à l'univers du groupe en fonction de son actualité, à travers le regard d'un de ses membres sur son parcours de musicien dans un groupe Pop.


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Publié par Red Cardell sur 17 Mai 2018, 10:03am

Nous sommes invités à une émission de télévision demain. L’album est sorti maintenant depuis un mois. On peut déjà commencer à faire un premier bilan sur la manière dont il est reçu, la façon dont on communique, sa diffusion etc… Tout cela fait le quotidien d’un groupe et se mesure en attente et donc réflexion. On cogite sur le fond du projet Cardell.

Les premiers retours que nous avons et questions que l’on nous pose traitent surtout de la longévité, 25 ans, 20 albums. Comment se renouveler ? Qui sommes nous exactement ? Quelle étiquette nous correspond : Rock Celtique , Chanson, Musique bretonne, rock ?

C’est intéressant car cela traduit au présent l’appartenance à une mouvance que nous n’avons jamais vraiment pu ou su préciser pendant toutes ces années.

Nous sommes avant tout perçus comme un « groupe de scène ». Cela signifie que nos albums ne traduisent pas forcément pour l’auditeur l’énergie, l’ensemble et la sensibilité du live.

Photo Guillaume Grange - Lesconil - Mai 2017.

Photo Guillaume Grange - Lesconil - Mai 2017.

 Formés à l’école du café-concert, c’est vrai que nous avons un rapport rare avec la scène, avons joué devant des milliers de personnes parfois, comme des salles vides à d’autres occasions, mais avec la même conviction, quand bien même nous étions rincés par des nuits de route et sans sommeils.

Chaque ville, chaque lieu, chaque public sont différents. Quand on commence dans les bars à jouer, on se rend compte qu’il faut savoir réagir pendant le set. On ne peut pas se permettre de décevoir les clients, les patrons. Notre avenir, les prochaines dates, dépendent du bouche à oreilles sur un petit territoire. Alors on s’adapte, si tel ou tel titre nécessite un nouvel arrangement, on improvise, on cherche un son. Il y a une forme d’interprétation sur l’instant. Parfois ça marche et parfois non. Alors on essaie juste de progresser et de réagir à ces moments là. Pour Cardell par exemple, on peut enchainer un titre plutôt métal avec des guitares distordues comme Kas ha bar et Le petit bistrot carrément musette. C’est le concept même du jam-band : jouer un peu tous les styles de musique, accorder une grande place à l’improvisation, la liberté d’interprétation.

Il n’ y a pas de barrières, toutes les musiques nous intéressent à partir du moment où naturellement, nous parvenons à prendre du plaisir à les jouer.

j'adore! le nouveau projet de David Byrne! un brassage de musique là également, l'ouverture aux musiques du monde des années 80.

Ce terme Jam band, est donc bien approprié. Lorsque nous avons joué en 2013 dans un club au Shrine à New-York, c’est le premier mot qui est venu à la bouche d’Ariel, l’ingé son avec qui nous mixions au même moment à Harlem. D’ailleurs ce soir là, un saxophoniste et un percussionniste se sont naturellement invités à venir faire le bœuf.  Nous avons donc comme à notre habitude, mélangé :rock, funk, blues, musette, chanson française, musique bretonne, musique de l’est , chaâbi, cumbia, rumba, électro, punk, new wave… bref tout ce que l’on aime comme univers.

Je comprends que cela peut être difficile à cerner, mais ça nous va bien. Lorsque l’on compose de nouveaux titres, on intègre ça de suite, c’est notre façon de penser.

 Voix, textes et mélodies sont le fil rouge, le liant, le moyen de transport sur les routes de ces territoires que nous aimons découvrir et arpenter. Ils créent, c’est sur, un décor d’auberge espagnole mais pas seulement. On prend cela plutôt au sérieux car il nous semble difficile de s’inscrire dans un concept de tableau avec lignes et colonnes, on oublie la forme et le style, on s’affranchit de toutes les règles.

On se fait plaisir en jouant sur les influences qui nous ont aidé à tracer un parcours...

Nous avions sorti l’album live  Bal à l’Ouest  fin 2004, dans lequel nous assumions justement, par le coté enregistrement 2 pistes, cette retranscription sonore du concept de baluche, de musique populaire. Pour ce nouvel album Courir, c’est un peu la même chose, il nait de répétitions et d’impros, et brasse toutes nos influences plus ou moins consciemment.

La production artistique tient compte de tous ces paramètres, elle est collective. On mélange et malaxe les styles.

Le propre d’un groupe comme le notre, avec tous ces concerts donnés et ces disques produits depuis de longues années, est d’avoir une base d’auditeurs convaincus par notre travail qui nous suivent et nous renvoient au premier jour dans ce bar de village, pari mutuel urbain, ou devant dix clients nous jouions notre survie collective. On peut se supporter d’autant plus facilement que si la critique est nécessaire et nous fait avancer, avoir bien fait notre boulot est une sacrée récompense. Les sièges du camion sont bien plus moelleux…

On peut comparer à une certaine échelle ce courant Jam band, avec le rock alternatif

de notre génération de la fin des années 80. Je pense à François hadji Lazaro qui se passionne autant pour le punk que les musiques trads. Aux Négresses Vertes bien sur et à l’ami Stéphane Mellino qui a d’ailleurs produit notre album Soleil Blanc.

Soleil Blanc - 2010 - produit par Stéphane Mellino et Clive Martin

Soleil Blanc - 2010 - produit par Stéphane Mellino et Clive Martin

 De cela nait une interrogation sur la liberté de faire ce métier dans une industrie qui impose et c’est naturel ses règles. Il faut être réaliste tout en envisageant les possibles.

Chercher surtout à s’amuser, tout ne fait que commencer.

A Bientôt

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