Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Bagad

Publié le par Red Cardell

Le bagad vient d’être sacré champion de première catégorie, ce samedi à Lorient dans le cadre du festival Interceltique. Nous sommes programmés vendredi à l’Espace Marine. Peut être le moment de faire un point sur cette belle aventure commencée il y a trois ans.

A l’origine, une idée de Bernard Le Noac’h directeur du festival Théâtre à tout âge, qui se déroule chaque fin d’année à Quimper. Nous avions participé à un travail de médiation auprès des écoles de l’agglomération, en percussions pour le bagad, et en écriture pour un des titres à mon niveau. Nous avions enfin créé le Fest Rock, pour le final du festival, deux soirées au Pavillon. C’est le Bagad qui nous avait contacté, et nous étions très heureux de participer à ce projet, d’une part en tant que groupe Quimpérois, mais aussi pour pouvoir échanger sur la musique bretonne, chercher à mieux comprendre, les styles, l’interprétation, la méthode.

Un Bagad est un ensemble musical breton, créé sur le modèle des Pipes band écossais, dans lequel on retrouve quatre pupitres : Bombardes, Cornemuses, Caisses claires écossaises et Percussions. Son répertoire est basé à l’origine sur différents airs traditionnels bretons : Gwerz, soniou, marches et danses. Celui-ci a bien évidemment évolué et de nombreux ensembles, mêlent aujourd’hui les mélodies traditionnelles de Bretagne à celle d’autres continents, un bagad peut jouer du jazz, de la musique baroque, des airs des balkans, par exemple.

J’ai joué moi même dans un bagad à Lorient pendant mon service militaire. Oui cela existait à l’époque. J’en garde un plutôt bon souvenir, surtout les rencontres avec les musiciens. Nous étions tous appelés à l’époque, je découvrais et faisais l’apprentissage de la musique bretonne, que j’avais tant écouté en apprenant mon premier instrument la flute Irlandaise, dans mon enfance. Je pistais les disques de Stivell et des Diaouled.

Bagad

Le fait de jouer dans un tel ensemble vous apprend bien sur musicalement, mais aussi humainement par la diversité des milieux sociaux qui le composent. Je pense que ce fut pour moi, qui jouait déjà à l’époque beaucoup de guitare, une sorte de lien entre le blues et le Rock que j’écoutais, et cette musique qui me donnait un sens, une origine. Lorsque quelques années plus tard, on mis en route le projet « Penfleps », je ressortis ma bombarde avec beaucoup de plaisir. Je n’ai donc pas été dépaysé lorque nous avons commencé le projet. Le choix des titres de Red cardell a été fait par le bagad, ceux du Bagad par Cardell. Cela permettait d’aller vite sur ce que l’on entendait possible musicalement. Pour lier tout ça, j’ai écrit quelques textes. Sur Fest rock, une des caractéristiques, réside dans le fait que la musique très énergique répond à une écriture d’inspiration poétique en français. J’aime assez ce va et vient entre la puissance de l’ensemble et la fragilité du sens. Ceux-ci reflètent, les doutes et certitudes mêlées d’une navigation sur un océan de différences, de points communs, d’histoires et d’individus. Un petit univers à l’échelle d’un village, d’un groupe de musiciens qui jouent de la musique populaire.

A chacune de nos représentations nous recherchons un point où se croisent nos deux univers. Rock pour Cardell et trad. pour le Bagad, Steven Bodenes assure la direction, nous gardons tous un œil en permanence sur ses indications. Une main qui compte le nombre de tours restant à jouer, un doigt pointé exprimant un changement de mélodie, le mouvement des bras qui imprime le tempo… Bon, comme c’est assez directif, je me plante perso toujours au moins une fois, et j’ai le droit à un mouvement de tête un peu chambreur. Normal !

La musique elle, est jouée sur le signe de la puissance. 50 musiciens qui donnent, sur une scène, Quatorze bombardes, quatorzes cornemuses, dix caisses claires pour Lorient! c’est quand même à entendre ! La première fois que nous avons répété en situation de concert, je me rappelle de nos sourires avec l’équipe Cardell. Nous sommes littéralement portés par l’homogénéité du bagad, ils jouent très souvent ensemble et ont un son de groupe. C’est d’ailleurs je pense lors des concours leur grande force. Ils maitrisent plusieurs répertoires, les jouent régulièrement et ont les automatismes d’un groupe. On s’en amuse d’ailleurs, car pas un seul couac, n’échappe à l’oreille du Penn-Soner. Beaucoup de rigueur donc et un vrai défi technique également. Lors de notre formidable concert à Ortigueira le 19 juillet, les organisateurs insistaient dans la presse et la présentation, sur cet aspect . Un nombre très élevé de micros, de retours, qui demande une très grande précision, tant dans la reproduction du son que dans la régie générale. Il faut s’adapter à chaque fois au type de salle, et bien réfléchir sur les bons compromis. Tout cela est passionnant. Nous avons bien de la chance de vivre une telle aventure.

Le principe du Bagad repose sur le bénévolat, Le sonneur est amateur et a un travail à coté. Il donne de sa personne tout au long de l’année avec plusieurs dizaines de journées accordées à sa passion. Je ne vous parle pas du penn, ou des responsables de pupitres qui préparent les répertoires des concours, les créations, et travaillent sur la formation des jeunes apprentis sonneurs. Ils font des journées de 25h. Le bagad est une vraie entreprise au service de la musique, il est l’héritier d’une passion que quelques visionnaires ont su faire partager. La musique en Bretagne, qu’elle soit Jazz, Rock, classique, les gros festivals d’aujourd’hui, doivent énormément à ce courant des musiques traditionnelles : sens de la fête, du partage et de l’ouverture nécessaire pour ne pas trop se prendre au sérieux. La musique que l’on défend est par essence populaire, je me méfie trop des vérités, des dogmes. C’est une remise en question permanente, on peut être romantique, lyrique, physique, il faut toujours mettre la notion de plaisir en avant. N'est ce pas les amis australiens:-)

Voir les commentaires

Breton Progressive Sounds

Publié le par Red Cardell

Brieg Guerveno joue mercredi au festival de Cornouaille sur la scène de l’évéché. Au mois de mars dernier, il m’a contacté afin de venir travailler sur une résidence à Collinée au centre culturel mosaique. Soutenu par Itinéraires Bis, la salle est mise à disposition du groupe pour 4 jours, afin de mettre en place une set list, produire artistiquement la musique, faire un point technique pour trouver la meilleure manière d’appréhender la scène. Mon rôle est d’avoir un regard extérieur, et de partager un point de vue avec les musiciens sur tous ces thèmes. J’avais déjà en 2012 participé avec Startijenn au projet El Taqa à La Carène. Le mélange Orient - Bretagne m’était plus familier, vu mon expérience au sein de Penfleps au début des années 90. La musique de Brieg, Joachim et Xavier baigne dans des influences Rock progressif et métal. Si je connais moins ce dernier genre, j’ai quand même écouté pas mal de choses, elle est conçue autour d’une rigueur bien particulière où se mêlent énergie et mise en place. Pour le Rock progressif, cela est différent. Comme il s’inspire de nombreux mouvements musicaux liés au rock psychédélique des années 60, joués par des groupes de blues à l’origine (Yardbirds, Jefferson airplane, Beach boys, Allman Brothers…), je maitrise un peu mieux ce domaine. Le genre brasse tout aussi bien des ambiances acoustiques que très synthétiques. Entre folk song et son du Moog, on remarque que la virtuosité musicale est assez centrale au phénomène. Elle correspond à l’époque au besoin ressenti par des musiciens d’une génération de rejoindre par l’urgence des instruments « Rock », l’univers des Jazzmen comme Coltrane et Davis, et même au delà, la musique contemporaine initiée par Stravinsky.

La musique de Brieg s’inscrit dans ce courant. Passionné de longue date par des groupes comme Porcupine Tree, il essaie de répondre musicalement à ses envies, et crée un univers très personnel où se mêlent toutes ses influences. La formule Basse guitare batterie est l’essence même du rock. Elle traduit l’urgence bien sûr, mais épouse également un spectre sonore très large. Les trois musiciens font donc un travail important sur les voix. Cela donne parfois des harmonies très riches, dans le style initié par Buffalo Springfield ou le Dead, et plus récemment par Archive. Lorsque j’assistais aux filages, j’avais vraiment la confirmation que trois voix bien placées avaient plus de force qu’une nappe de synthétiseur. Qu’importe la langue utilisée d’ailleurs. Notre standard reste souvent l’anglais dans les musiques Rock, je ne suis pas convaincu, et Brieg en utilisant le breton confirme que le placement de la voix est le plus important. On oublie l’origine, il ne cherche pas à insister sur cet aspect de la chose, considérant très justement que cela n’a que peu d’importance. L’essentiel résidant dans l’ensemble de la musique. C’est je trouve une manière très originale et sincère de ne pas vouloir se placer dans un genre, de se retrouver étiqueter chanteur breton. Je connais bien ce problème que l’on peut rencontrer, il vient de très loin. On ne peut pas lutter, puis on s’en fout. En témoigne d’ailleurs l’excellent accueil que reçoit son album dans le circuit du Rock progressif.

C’est intéressant de voir justement que ce réseau existe et surtout au niveau international. En France ce genre musical a toujours été un peu raillé et reste très méconnu. Je pense souvent aux Grateful Dead ignorés chez nous. Ils ont une très grande aura à l’étranger, et initié le mouvement Jam Band, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog et dont Phish est aujourd’hui un pilier.

A titre personnel j’ai toujours du mal à être critique sur une musique, j’y trouve toujours quelque chose à prendre. Le Rock est une musique populaire par essence au même titre que celle de Bartok ou de Ravi Shankar. Si l’on mesure souvent le degré de sincérité des groupes, les Stones restent quand même pour moi un fantastique groupe de Blues.

Travailler ainsi sur une résidence m’oblige à m’interroger également sur le chemin parcouru en tant que musicien du coin qui essaie de mener au bout son projet. Je retrouve énormément de sensations vécues, tant dans les discussions que nous avons pu avoir, que dans les gestes, les regards, la fatigue au bout de 3 filages, jusqu’au odeurs d’une salle vide où l’on répète au petit matin. Le fonctionnement d’un groupe, quel qu’il soit obéit au fil du temps à de règles non écrites, remises en permanence en cause par le quotidien. Le long terme est une notion assez vague et pourtant essentielle dans le « bien vivre » une expérience. Quel type d’organisation choisir, comment trouver la méthode pour mener à bien l’aventure. Le choix de l’indépendance est souvent imposé pour se faire connaître, mais il offre l’avantage d’apprendre énormément et de comprendre les rouages d’une profession. C’est un problème de structure, d’organisation juridique, d’édition, de régie. L’individu reste lui, confronté à ses propres choix, les non-dits sont à percevoir, il faut anticiper l’avis de l’autre, c’est toute une gymnastique à laquelle nous devons nous habituer. Nous sommes sans cesse confrontés au doute. Progresser dans l’aspect professionnel de la fonction de musicien est une manière de mieux supporter le grand Bazar mais ne répond pas à toutes les questions. L’essentiel réside toujours dans ce que l’on a à dire, la réponse vient du public dans un gros festival en plein air ou l’arrière salle d’un p’tit café. De nombreuses dates du Trio sont en cours. Allez les voir !

A Bientôt

Voir les commentaires

It's all over now

Publié le par Red Cardell

Toute mon adolescence bercée par cet artiste et ce sublime album "Captured live"

Nous avions partagé la scène du festival d'Ingelmunster en Belgique, il y a quelques années.

Voir les commentaires

SILENT!

Publié le par Red Cardell

Nous donnons un concert dans le cadre de notre partenariat avec Yamaha Musique Europe au magasin Sono West de Rennes ce jeudi 15 mai à 18 h 30. Nous présenterons à partir de 17 h les instruments avec lesquels nous jouons. Manu joue sur une batterie Oak Custom et présentera la batterie numérique DTX 750. Quand à moi, je présenterai les deux guitares que j'utilise. Notre rencontre avec l'équipe de Yamaha date de 1999, à l'époque de l'enregistrement de Rock'n Roll Comédie, notre quatrième album. Depuis cette époque j'ai utilisé de nombreux modèles. Tout d'abord une CPX de la série Compass avec laquelle j'ai enregistré l'album, puis l'APX 10 en folk et Nylon qui m'a accompagnée pendant 6 ans. Concernant l'électrique, j'ai commencé avec la SG 2000, puis me suis orienté vers la série AES en jouant avec une 600. J'avais fait l'acquisition d'une guitare Silent, destinée à une utilisation plus personnelle dans le cadre de la maison. Ces guitares sont en effet présentées comme des instruments de pratique et n'étaient pas à l'origine, destinées à la scène.

Photo Vonnic Bulteau

Photo Vonnic Bulteau

Nous voyagions pas mal à l'étranger et le transport des instruments en avion pose au musicien toujours des problèmes. D'autre part nous utilisons du backline (matériel de musique) sur place. Fatigué des contraintes imposées, je décidai en 2007 d'amener pour la première fois une silent avec moi. Je peux la prendre en cabine comme bagage à main et cela avait l'avantage de réduire le poids général des instruments de la troupe. Comme l'instrument n'a pas de caisse de résonnance, je le branchai sur un ampli de guitare électrique. Cela fonctionna et me donna l'envie d'installer un micro devant le HP du combo. Avec l'ingénieur du son, nous avons mis au point ce système de DI pour garder le son électroacoustique du piezzo, puis rajouter un micro pour rajouter le son de l'ampli en utilisant le link du boitier de direct. Cela m'a permis d'utiliser également le canal saturé de l'ampli et donc de trouver une polyvalence dans l'instrument. Il est toujours compliqué de changer de guitare sur scène, cette solution convenait parfaitement car elle me libérait de nombreuses contraintes comme l'accordage par exemple. D'autre part mon jeu dans le trio est beaucoup basé sur les rythmiques, le tirant de corses 10/47 avec une corde sol en 0.23, permettait une tenue de l'accord plus sûre. Le seul inconvénient que je pouvais y trouver concernait les solis, ou je devais quand même bien forcer pour les bends, mais cela donnait en mélangeant le son saturé à celui de la DI une couleur originale. Je fus très vite convaincu, et si le design futuriste de la guitare peut sembler pour certains puristes assez disctutable, je trouvais au contraire l'instrument à mon goût. Je me suis donc mis à l'utiliser pendant de nombreuses années. Un moment, j'ai souhaité revenir à un istrument plus traditionnel, mais cela n'a pas duré, toute l'équipe était convaincue de la fiabilité et du rendu de la Silent. Malgré son aspect très minimaliste, cette guitare a un autre avantage qui concerne sa fiabilité, tant en lutherie qu'en électronique. Je peux dire qu'au bout de toutes ces années, elle a connu pas mal d'aventures dont elle ne me tient pas trop rigueur. Oui, nous avons une certaine familiarité avec notre instrument.

J'utilise également une guitare Folk AC3R, avec le système de micro SRT sur des projets plus persos ou en enregistrement. Lors du projet Coeur de ville, elle m'a accompagné pendant plusieurs mois. J'aime sa lutherie et sa finition. J'ai toujours eu un faible pour la couleur sunburst, et je dois dire que j'ai d'abord accroché à ça en la voyant lors d'un séminaire Yamaha à Nice. Un instrument n'a pas l'obligation d'être très cher. La qualité générale a énormément progressé, et je pense que nous avons tous des yeux d'enfants face à un objet qui nous fait tant rêver. Cela doit faire partie du choix, on se doit d'être en bonne compagnie face à un public ou des oreilles de mélomane. Cela s'entend et se voit. Je n'ai aucune explication rationnelle à ce phénomène mais j'y crois. Le système de micros SRT est conçu comme une cabine de studio dans lequel se trouve trois micros standards à votre disposition, deux Neuman et un micro à ruban. Il y'a une simulation du phénomène d'éloignement et un système anti larsen qui offrent différentes possibilités en fonction de votre jeu. Cela me convient très bien lorsque je joue seul, et me permet de m'adapter à l'acoustique du lieu ou le calage du système son.

Coeur du monde avec Louise et Ilan à Penhars en décembre 2012

Pour terminer, je ferai une petite démonstration de l'ampli THR. Conçu également, comme la Silent, dans l'idée d'une utilisation plus domestique, ce petit ampli est assez bluffant et offre un nombre incalculable de possibilités. Axé sur la modélisation comme Yamaha y travaille depuis des années, son utilisation en studio est particulièrement intéressante du point de vue des sorties HP conçues sur les recherches en HIFI du groupe. Une prise USB offre là aussi la possibilité de mélanger l'analogique au numérique, et aide parfois à peaufiner un son, lui donner une originalité au delà des standards qui restent souvent nos références.

Le THR 10

Le THR 10

Voici donc un résumé de mon travail d'instrumentiste, et des rapports entretenus avec la marque au diapason depuis 15 ans déjà. Une manière également de remercier de leur soutien, depuis toutes ces années, l'équipe de Marne La vallée. Elle nous est toujours restée fidèle, dans les bons moments comme dans les périodes plus délicates. Nous gardons un contact avec le monde des luthiers et concepteurs. C'est un autre aspect du métier, regarder à l'envers du décor, partager des expériences et une tranche de vie au service d'une passion.

A Bientôt

Voir les commentaires

Funambules

Publié le par Red Cardell

Un collectage d'Alan Lomax

Comment définir un lieu, une époque, une manière. Comment donner un sens à un symbole ? Deux couleurs le noir et le blanc inspirent la nouvelle collection du brodeur et styliste Pascal Jaouen. La musique populaire – folk - prend source dans la transmission orale puis dans les formes de collectage de Bartok à Paolig Monjarret en passant par la famille Lomax. Mémoire, partition, Nagra, son numérique, la technique comme une (r)évolution traduit un cycle perpétuel en mouvement. Imaginer la tradition aujourd’hui nécessite de parler du présent, de demain, du monde, des hommes. Associés avec le Bagad Kemper, depuis 2011 dans le projet Fest-Rock, nous travaillons depuis novembre la musique du défilé du créateur. Son scénario conte cette histoire de racines, d’ouverture au monde, de grand bal, de fête et de Blues ou de saudade, comme le soniou ou la gwerz : le fil en or du brodeur tendu entre hier et demain où viennent danser les funambules.

Le magnétophone Nagra

Nous avons rencontré Pascal lors du tournage de l'émission des Racines et des Ailes en Cornouaille l'an dernier. Cette collaboration est née à cette occasion, nous avons commencé à travailler en novembre à partir d'un synopsis et des dessins de la collection. Nous raisonnons un peu en terme de musique de film, et cherchons avec le bagad à créer des ambiances rythmées ou plus mélodiques en fonction de la conduite du défilé. C'est un exercice nouveau qui nous ouvre d'autres paysages sonores inexplorés, du quatuor à cordes au Rap New Yorkais de Tanya Morgan sur un thème de gavotte. Pas mal de musiciens sont conviés au banquet: Pierre Sangra, Pierre Stéphan, Ronan Le Bars, Thomas Moisson...Nous avons enregistré depuis fin mai cette musique qui fera l'objet d'un album dont la sortie est prévue en octobre prochain chez Coop-Breizh. Il y a deux montages de prévus, dont un bien sur qui correspond au défilé, et au timing très serré de la déambulation des modèles.

Beaucoup de nouveautés en cours, je reviens très vite.

Voir les commentaires

From Toulouse

Publié le par Red Cardell

Voir les commentaires

Mélange

Publié le par Red Cardell

Depuis l'album "Naître", nous avons pris l'habitude d'inviter sur nos différents albums et projets d'autres musiciens afin de partager, et de chercher également d'autres chemins à emprunter pour pouvoir se renouveler. Notre premier voyage en Ukraine en 2005 nous avait donné envie d'intégrer la musique traditionnelle de là bas à la notre, comme nous y avions trouvé beaucoup de points communs. Si la mélodie est centrale et conduit le rythme, tribal pour la danse lent pour la Gwerz, le sens des textes est en lien avec les sujets de société, intemporels et universels: Famille recomposée (An Lez Vamm, la Marâtre) la fille mère ou l'étranger pour (Ar Sorcerez). Ces gwerziou très anciennes ont leurs propres versions en Ukraine et certainement dans de nombreux pays du monde. Pour le groupe cela rejoignait notre idée de pouvoir tout mélanger, du moment que nous prenions du plaisir ou que cela ressemblait à notre époque. La musique est un grand laboratoire dans lequel nous avons toujours cherché à combiner les musiques du monde et celle d'ici. Petit, on m'a expliqué que le salut d'une région comme la notre située au bout du bout passait, par la découverte d'un ailleurs. Donc on applique ce principe, on mélange, ça devient naturel, on adhére à cette belle idée de citoyen du monde... De la même manière on reste amarré aux couleurs, aux paysages, aux sons et aux hommes. C'est notre blues, notre saudade, un sentiment universel. Comme la danse, le rythme. Sens et transe. Les textes sont mélancoliques, la musique festive et l'énergie est au centre. Quand nous avons entendu pour la première fois le bagad derrière nous, je me suis dit que j'avais eu une bonne idée de faire de la musique! On peut dire sans rigoler que ça tremble, que cela secoue! Il y a comme une petite lueur dans les yeux de chaque sonneur qui ressemble toute proportion gardée à celle d'une supportrice, lors d'un derby entre le Fc Berrien et l'USH, bien calée derrière les cages du gardien visiteur. Ca ressemble à ici mais on le trouve partout, sur tous les continents. Hier joue avec demain et inversement.

Oui c'est cela, on joue!

Voir les commentaires

petite love - Les joyeux fusibles

Publié le par Red Cardell

Voilà ! l’album des joyeux fusibles vient de sortir. Il n’ y a pas de date vraiment définie, mais l’objet existe et vous pourrez le trouver soit chez Keltia Musique et son réseau de distribution, soit sur notre site :

www.joyeuxfusibles.wix.com/les-joyeux-fusibles

Keltia Musique RSCD 309

Keltia Musique RSCD 309

Nous sommes donc parvenus à réaliser cette « œuvre » sur deux années, à la maison sur mon ordinateur. Comme je n’ai pas de carte son, ce fut quand même assez rigolo d’enregistrer et mixer tout ça de manière sommaire. J’ai utilisé le logiciel Garage de mon Mac et le résultat nous convient. Comme je vous l’avais raconté sur un précédent article, nous sommes trois amis d’enfance, et avions il y a vingt ans sorti un premier album « En deux minutes c’est cuit » par souscription auprès des amis et habitants de Locquirec.

Nous commençons donc à communiquer sur le projet, et défendons ce nouvel opus avec toute notre énergie, puis partir à la pêche.

petite love - Les joyeux fusibles

Les textes de Louis racontent des histoires d'amour ménagères et passionnelles, enfin c'est comme cela que je les interprète, car oui, je chante sur l'album. Du baiser volé sur le marche pied du train qui commence à rouler, en passant par un petit cabaret et ses airs du soir au petit matin qui font tourner un couple sans lendemain. Du désordre des désirs, aux caddies des supermarchés, des falaises d'Etretat aux petites laines des nuits d'été, c'est toute une ménagerie de métaphores, de corps, de sens, d'atmosphères et d'odeurs qui viennent se poser sur des notes de musique plutôt improvisées lors de nos séances d'enregistrement. Nous trouvions rapidement l'ambiance générale, les accords et la mélodie pour porter les mots, puis ensuite nous essayons, de notre mieux, de faire correspondre ceux-ci à un son plus général. J'ai donc choisi très rapidement de chanter dans un registre plus intime en me collant au micro. je pouvais comme cela contrôler mieux la diction et épouser au plus près le sens des textes. Concernant les parties de basse, je les maquettais puis les faisais écouter à yann qui les bossait chez lui avant de venir enregistrer, cela nous a fait gagner du temps... Pour pêcher!

petite love - Les joyeux fusibles

Pour le mixage, nous avons pris notre temps, nous avons même déjà enregistré des titres pour un troisième à venir à la belle saison... Comme nous avions pas mal de contraintes liées au coté sommaire de la production, cette méthode nous permettait de réécouter les titres avec des oreilles fraîches, et donc d'améliorer au fil du temps le son de l'album.

Bref vous l'avez compris, petite love c'est aussi une histoire du temps et surtout en avoir au retour de pêche!

petite love - Les joyeux fusibles

Merci : à Bientôt

Voir les commentaires

La Fête de l'huma

Publié le par Red Cardell

Nous jouons vendredi à la fête de l'Humanité, cela me rappelle quelques souvenirs...

Ma première fut en 1978, j'avais 15 ans, mes parents m'avaient laissé y aller chez une amie dont le père, militant et syndicaliste, jouait souvent à la pétanque avec moi au camping des pins à Locquirec. Avec mon pote Yann, qui lui connaissait déjà, je découvrais enfin Paris! C'était en effet la première fois de ma vie que j'allais à la capitale. La tête d'affiche de cette édition était Génésis que Peter Gabriel venait de quitter peu de temps auparavant. Je me souviens du show avec les lasers, de Phil Collins racontant en français sa version du petit chaperon rouge et d'une foule estimée à l'époque à 240 000 personnes. Tout le monde était assis car le show était très rock progressif, l'ambiance était assez hallucinante pour un gamin comme moi. Du son, de la lumière et des odeurs comme vous pouvez vous l'imaginer. 6 ans auparavant les Who s'étaient produits là, et tous les militants rencontrés en gardait un sacré souvenir, un truc de fous disaient ils.

 

Il y avait plein de scènes régionales où se produisaient également des artistes renommés: Areski-Fontaine, Ganafoul, Nougaro sur la scène sud ouest, trop petite pour accueillir la foule et dont le concert fut transféré sur la grande scène le dimanche soir.

C'était mon premier vrai festival et je garde le souvenir d'une grande kermesse colorée avec des jeunes militants cherchant à te faire adhérer au parti. C'était l'époque du programme commun qui s'était fait battre aux dernières législatives. Georges Marchais était premier secrétaire, le parti faisait pas loin de 20% aux éléctions, le mur était debout, la droite au pouvoir depuis 20 ans. On te traitait de gauchiste quand tu critiquais la maison rouge tout en épousant les idées progressistes. Bref à 15 ans, tout cela était vraiment excitant, refaire le monde semblait possible, le punk déboulait, Dylan avait 37 ans, on était des babs avec les vestes de quart de la Royale rachetées chez les fripiers brestois. Bref sans être nostalgique, on s'amusait bien.

L'année suivante j'allais pour le week end chez un copain à Deuil La Barre, et assistait au concert de Téléphone avec ses masques d'hommes politiques et l'orage suivi d'une grosse averse le samedi en fin d'après midi. Le soir c'était Lavilliers et "C'est le délire".

Mais surtout je me souviens du concert de Mama Béa Tékieleski sous un châpiteau gavé le dimanche soir. Un des plus beaux concerts qu'il m'ait été donné de voir. Un son super, une ambiance de folie, une présence... Heureux d'avoir vu ça, je le mets parmi mes plus grands chocs musicaux avec Leprest lors d'un Pollen, Bashung au Bout du Monde et Neil Young cette année aux Charrues. Ce fut là ma dernière édition comme festivalier, nous y sommes revenus avec le groupe en 1998 sous un petit chapiteau de la CGT. Il pleuvait beaucoup et je me souviens que sur une autre scène juste à coté jouait un groupe que nous ne connaissions pas, mais dont 600 ou 700 fans bravant la pluie reprenaient les chansons par coeur. C'était Tryo. Nous n'avions pas pu voir d'autres concerts car nous prenions la route aussitôt après.

Nous sommes donc de retour 15 ans après, cela va me faire drôle, car beaucoup d'autres souvenirs reviendront sur place, je l'imagine. Nous jouons sur la scène Nord, vendredi 13 à 20 h 30. Ronan le Bars sera avec nous.

A Bientôt

Voir les commentaires

musique du jour

Publié le par Red Cardell

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>