L’année qui vient de se terminer aura été bien chargée, entre le projet Fest Rock, L’album Falling in Love, new york, Kiev, La tournée, le livre des 20 ans, El taqa avec Startijenn, et puis surtout ce projet chœur de ville, chœurs du monde sur lequel j’aurai passé plusieurs mois entre composition, ateliers d’écriture, enregistrement d’un douze titres, puis bien sur le final place saint Corentin au pied de la cathédrale. Je dois tout d’abord cette aventure à la confiance qui m’a été accordé par tout l’équipe du Festival Théâtre à tout âge, organisé chaque fin d’année par l’association Très Tot Théâtre, scène conventionnée jeune public et basée à quimper.
Ce sont eux, déjà, qui avaient permis la création du Fest-rock l’an dernier. Le jour de la générale au pavillon, nous avions déjeuné avec Bernard le Noach au Guilvinec où j’animais au collège Paul Langevin un atelier. Il me proposa le projet et je ne fus pas difficile à convaincre…
En effet au bout de tant d’années de groupe, c’était un beau challenge à relever.
Le fait de travailler sur de la médiation a été pour moi une vraie découverte.
Comment réussir à intégrer le « vrai » monde, la société, sa diversité : d’écoliers de 6 ans, jusqu’à la personne âgée de 97 ans en passant par l’association des paralysés de France, les employés municipaux de Kemper ou des adolescents déjà bien initiés à la pratique musicale tout en restant toujours en recherche de cohérence dans ce que il y a à dire? Comment essayer de traduire une idée de monde solidaire, ouvert et tolérant ?
Faire de ces différences une force !
Atelier Maison des bruyeres loisirs Penhars
Ce fut très facile en fait, et je le dois à toutes ces personnes qui ont bien compris que le travail était collectif, que son but était de réussir en quelques semaines à traduire ses envies comme : « les chichis, les regards fatals qui rendent moins ordinaires, les mois d’avril qui défilent et hissent leurs toiles, les troupeaux de géants, les nuages comme des dentelles dans le ciel… » Autant de mots qui racontent une histoire, leur histoire en tout cas.
Nous aurons ensemble gardé toujours la notion de plaisir et de partage au centre du projet, il y avait une tolérance, une écoute de l’autre, jamais je n’ai été confronté à un seul égo en trois semaines d’écritures et 250 personnes. Chapeau !
Rassurant sur l’être humain, et bien à rebours de nombre d’idées reçues sur un monde individualiste et sectaire ! Très loin de ce que j’ai pu parfois connaître ou observer en tant qu’acteur d’un système et d’une industrie où l’on sent une sorte de découragement devant le rouleau compresseur du profit à tout prix, de la com, du marketing, où l’on parle en tout cas de moins en moins d’artistique.
Et bien non, ce que l’on appelle dans le cadre institutionnel, la médiation, a du bon, du très bon !
Je vous le dis, il y a encore de la place pour se marrer sans sinisme…
La musique et les textes restent au coeur du projet, la frontiere entre créateurs et amateurs n'existe pas.Tout est re-centré sur l'objet final, c'est très rock'n roll ! c'est comme cela, simple, oui... Simple!
Merci à tous pour cette rencontre.
CD 12 titres + Choeur final 500 chanteurs au chapeau rouge.
Puis après tout cela, choisir une chanson parmi les douze, afin de l’interpréter avec plus de 1500 choristes amateurs sur la place de la Cathédrale.
Le chef de choeur Bernard Kalonn a alors pris le relais et fait chanter tous ces groupes.
Afin de garder tout ce monde sous pression, l’idée d’enregistrer chacun des titres nous a permis de réussir l’exploit de parvenir en trois semaines à enregistrer, mixer, presser et sortir l’album chez keltia musique.
- De mon coté, il fallait que je puisse intégrer des artistes au final, j’ai donc invité les amies de Hurtopravsi, Stéphane et Is Mellino, Louise Ebrel et Ronan Le Bars. Le samedi l’on m’a accordé une carte blanche à la salle du terrain blanc à Penhars, où quelques uns des invités, des chanteuses portugaises fréquentant le lieu et le local musik, sont venus se joindre à nous. Ce fut un très beau moment de partage là aussi.
- Local musik Penhars 22/12 au Terrain Blanc
Le dimanche enfin, beau final malgré des conditions climatiques bien compliquées un vent force 5/6, mais la pluie qui a cessé le temps de la représentation. Plus de cinq mille personnes étaient massées face à la cathédrale. Même si le vent contrariait énormément la prise de son des groupes interprétant un extrait de leur propre chanson, la reprise d’ Encre Amer, la chanson titre par les milliers de personnes présentes fut un vrai beau moment.
- Du monde jusqu'aux poneys dans la rue Kerhéon
Du plaisir jusqu’au bout, la pluie ayant l’amabilité d’attendre le dernier refrain pour faire son apparition…
En une année il se sera donc passé beaucoup de choses, merci à Flore, « son » Bernard, Amandine, Delphine, Elodie, Laurent, Domi, Amélie, Anne-Marie, Bernard, Laure, Thomas pour la prise de son du disque et tous ceux ayant participé au projet. J’en suis sorti bien vidé mais très apaisé.
L’année qui arrive se doit d’être tout aussi riche en émotions, je vous le souhaite à tous.
Bloavez mad
Jean Pierre