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Bagad

Publié le par Red Cardell

Le bagad vient d’être sacré champion de première catégorie, ce samedi à Lorient dans le cadre du festival Interceltique. Nous sommes programmés vendredi à l’Espace Marine. Peut être le moment de faire un point sur cette belle aventure commencée il y a trois ans.

A l’origine, une idée de Bernard Le Noac’h directeur du festival Théâtre à tout âge, qui se déroule chaque fin d’année à Quimper. Nous avions participé à un travail de médiation auprès des écoles de l’agglomération, en percussions pour le bagad, et en écriture pour un des titres à mon niveau. Nous avions enfin créé le Fest Rock, pour le final du festival, deux soirées au Pavillon. C’est le Bagad qui nous avait contacté, et nous étions très heureux de participer à ce projet, d’une part en tant que groupe Quimpérois, mais aussi pour pouvoir échanger sur la musique bretonne, chercher à mieux comprendre, les styles, l’interprétation, la méthode.

Un Bagad est un ensemble musical breton, créé sur le modèle des Pipes band écossais, dans lequel on retrouve quatre pupitres : Bombardes, Cornemuses, Caisses claires écossaises et Percussions. Son répertoire est basé à l’origine sur différents airs traditionnels bretons : Gwerz, soniou, marches et danses. Celui-ci a bien évidemment évolué et de nombreux ensembles, mêlent aujourd’hui les mélodies traditionnelles de Bretagne à celle d’autres continents, un bagad peut jouer du jazz, de la musique baroque, des airs des balkans, par exemple.

J’ai joué moi même dans un bagad à Lorient pendant mon service militaire. Oui cela existait à l’époque. J’en garde un plutôt bon souvenir, surtout les rencontres avec les musiciens. Nous étions tous appelés à l’époque, je découvrais et faisais l’apprentissage de la musique bretonne, que j’avais tant écouté en apprenant mon premier instrument la flute Irlandaise, dans mon enfance. Je pistais les disques de Stivell et des Diaouled.

Bagad

Le fait de jouer dans un tel ensemble vous apprend bien sur musicalement, mais aussi humainement par la diversité des milieux sociaux qui le composent. Je pense que ce fut pour moi, qui jouait déjà à l’époque beaucoup de guitare, une sorte de lien entre le blues et le Rock que j’écoutais, et cette musique qui me donnait un sens, une origine. Lorsque quelques années plus tard, on mis en route le projet « Penfleps », je ressortis ma bombarde avec beaucoup de plaisir. Je n’ai donc pas été dépaysé lorque nous avons commencé le projet. Le choix des titres de Red cardell a été fait par le bagad, ceux du Bagad par Cardell. Cela permettait d’aller vite sur ce que l’on entendait possible musicalement. Pour lier tout ça, j’ai écrit quelques textes. Sur Fest rock, une des caractéristiques, réside dans le fait que la musique très énergique répond à une écriture d’inspiration poétique en français. J’aime assez ce va et vient entre la puissance de l’ensemble et la fragilité du sens. Ceux-ci reflètent, les doutes et certitudes mêlées d’une navigation sur un océan de différences, de points communs, d’histoires et d’individus. Un petit univers à l’échelle d’un village, d’un groupe de musiciens qui jouent de la musique populaire.

A chacune de nos représentations nous recherchons un point où se croisent nos deux univers. Rock pour Cardell et trad. pour le Bagad, Steven Bodenes assure la direction, nous gardons tous un œil en permanence sur ses indications. Une main qui compte le nombre de tours restant à jouer, un doigt pointé exprimant un changement de mélodie, le mouvement des bras qui imprime le tempo… Bon, comme c’est assez directif, je me plante perso toujours au moins une fois, et j’ai le droit à un mouvement de tête un peu chambreur. Normal !

La musique elle, est jouée sur le signe de la puissance. 50 musiciens qui donnent, sur une scène, Quatorze bombardes, quatorzes cornemuses, dix caisses claires pour Lorient! c’est quand même à entendre ! La première fois que nous avons répété en situation de concert, je me rappelle de nos sourires avec l’équipe Cardell. Nous sommes littéralement portés par l’homogénéité du bagad, ils jouent très souvent ensemble et ont un son de groupe. C’est d’ailleurs je pense lors des concours leur grande force. Ils maitrisent plusieurs répertoires, les jouent régulièrement et ont les automatismes d’un groupe. On s’en amuse d’ailleurs, car pas un seul couac, n’échappe à l’oreille du Penn-Soner. Beaucoup de rigueur donc et un vrai défi technique également. Lors de notre formidable concert à Ortigueira le 19 juillet, les organisateurs insistaient dans la presse et la présentation, sur cet aspect . Un nombre très élevé de micros, de retours, qui demande une très grande précision, tant dans la reproduction du son que dans la régie générale. Il faut s’adapter à chaque fois au type de salle, et bien réfléchir sur les bons compromis. Tout cela est passionnant. Nous avons bien de la chance de vivre une telle aventure.

Le principe du Bagad repose sur le bénévolat, Le sonneur est amateur et a un travail à coté. Il donne de sa personne tout au long de l’année avec plusieurs dizaines de journées accordées à sa passion. Je ne vous parle pas du penn, ou des responsables de pupitres qui préparent les répertoires des concours, les créations, et travaillent sur la formation des jeunes apprentis sonneurs. Ils font des journées de 25h. Le bagad est une vraie entreprise au service de la musique, il est l’héritier d’une passion que quelques visionnaires ont su faire partager. La musique en Bretagne, qu’elle soit Jazz, Rock, classique, les gros festivals d’aujourd’hui, doivent énormément à ce courant des musiques traditionnelles : sens de la fête, du partage et de l’ouverture nécessaire pour ne pas trop se prendre au sérieux. La musique que l’on défend est par essence populaire, je me méfie trop des vérités, des dogmes. C’est une remise en question permanente, on peut être romantique, lyrique, physique, il faut toujours mettre la notion de plaisir en avant. N'est ce pas les amis australiens:-)

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